L’Union calédonienne, qui revenait hier sur son comité directeur de samedi dernier à Voh, n’a guère laissé planer le doute. Elle rejette « formellement le projet d’accord de Bougival en l’état ».
Tout le monde d’accord à Bougival. Voilà qui était trop beau pour être vrai. L’Union calédonienne a confirmé hier matin à Magenta, lors d’une conférence de presse, les décisions actées samedi 26 juillet à la tribu de Gatope à Voh, lors de son comité directeur. En clair, ses membres se sont prononcés contre l’accord, rejeté formellement « en l’état », au motif que « les principes de notre lutte et les principes de la décolonisation » n’y figurent pas. Par conséquent, « le mandat des signataires et de ses équipes tombe de fait », précise un communiqué de l’UC. Aux côtés d’Emmanuel Tjibaou et de Roch Wamytan à Paris, Mickaël Forrest résume désormais à Nouméa la situation en ces termes : « Bougival, c’est fini ». Enterrement de première classe donc pour ce projet tout juste sorti de l’œuf.
Pomme de la discorde
La principale composante du FLNKS est notamment opposée à un certain nombre de points figurant dans le projet d’accord. Parmi eux, se trouve sans surprise « l’ouverture du corps électoral provincial », mais aussi le transfert de nouvelles compétences « passant par l’adoption d’une résolution par le Congrès à une majorité de 64 % ». « Autrement dit, ce sont les non-indépendantistes qui auront le pouvoir de nous autoriser, ou non, à demander la souveraineté », décrypte l’UC. Autre sujet qui laisse le plus vieux parti indépendantiste « perplexe » : le référendum de projet prévu en février 2026, « ouvert à l’ensemble du peuple calédonien, au sein duquel le peuple kanak est déjà minorisé », ou encore l’autodétermination, « dont l’exercice est proposé sous une autre forme », et qui paraît « biaisé d’avance ».
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Légende photo : Le comité directeur de l’Union calédonienne s’oppose en bloc au projet d’accord de Bougival, pourtant signé le 12 juillet par ses représentants.
Béryl Ziegler



