Les chiffres du recensement publiés par l’ISEE devraient nous inviter à la modestie et à l’humilité. Dans un territoire grand comme la moitié de la Belgique et regorgeant de possibilités que l’on nous envie, nous ne sommes que 264 596 habitants. C’est peu, c’est bien peu, ça n’est rien. Et ça pose d’intenses questions politiques : l’indépendance pour une population aussi réduite a-t-elle un sens ? Et pour aussi peu de population (à peine celle d’une grande ville de Métropole), la France peut-elle continuer à verser autant d’aides et de financements ? Ni les uns ni les autres ne voudront y répondre. Mais cela nous pousse néanmoins à nous interroger, dans une introspection profonde, sur ce que nous voulons faire de nous. Confier leur destin à aussi peu de gens dans un monde en ébullition où la force prime, c’est un pari un peu osé, un peu fou. C’est d’autant plus étrange que nous pourrions être bien plus nombreux, pour faire vivre cette terre plus puissamment encore qu’elle ne l’est aujourd’hui. Ce si peu de gens remet aussi notre économie en perspective, et nous convainc, s’il le fallait, de l’étroitesse de notre marché. Sans doute faudrait-il, sur ce plan économique, revenir à davantage de raison. Car ne nous leurrons pas, depuis 2014 nous perdons de la population, et tout laisse à penser, malgré Bougival, que cela va se poursuivre.
Nicolas Vignoles



