Après la prise de position de l’Union calédonienne contre l’accord de Bougival, le ministre des Outre-mer a tenu à expliciter la position de l’Etat. Il appelle notamment à la « grande responsabilité » de chacun.
Après l’espoir, le désespoir. C’est probablement le sentiment qui domine chez une partie de la population, qui a, le temps de quelques jours, entrevu le début d’un nouveau chapitre de l’histoire calédonienne après la signature d’un accord historique à Bougival. Et, pendant que les Loyalistes, le Rassemblement, Calédonie ensemble ou encore le Palika débutaient leurs grandes explications afin de faire accepter ce document au plus grand nombre, l’Union calédonienne, de son côté, a d’abord rétropédalé avant de rejeter fermement l’accord. Une position qui remet forcément en cause l’intégralité des discussions organisées en région parisienne. Mais, à quel point ? Manuel Valls, le ministre des Outre-mer, a été interrogé sur ce sujet par Les Nouvelles calédoniennes : « L’Union calédonienne a choisi de rejeter, en l’état, le projet d’accord de Bougival. J’en prends acte, mais je regrette profondément cette position. » Malgré tout, le pensionnaire de la rue Oudinot veut garder espoir. « Je ne me résigne pas, le FLNKS peut encore s’inscrire dans la voie de l’accord », poursuit-il.
« L’impasse n’est pas une option »
Une position également rappelée dans les colonnes de NC La 1ère où l’ancien Premier ministre socialiste appelle également à « une très grande responsabilité ». Car cet accord a évidemment des conséquences politiques, mais aussi économiques. « Si demain il n’y avait pas d’accord, ça veut dire que l’avenir et l’espoir seraient remis en cause. Les investissements pour le nickel ne seraient pas possibles. Ce sont derrière des milliers d’emplois qui seraient mis en cause. Il y a tout le soutien financier de l’État », a-t-il listé. Une sorte de mise en garde ? Car il ne s’en cache pas, si l’accord venait à tomber aux oubliettes, c’est tout le système économique et social qui s’effondrerait. Une nouvelle fois. « Concrètement, cela signifierait la fermeture des trois usines de nickel, la perte de milliers d’emplois, une aide financière de l’État versée au compte-goutte, la prolongation de la crise économique et sociale, et même sanitaire, ainsi que l’abandon de tout projet ambitieux en faveur de la jeunesse, pourtant inscrit dans l’accord », a-t-il également poursuivi sur lnc.nc, assurant que sa porte restait toujours ouverte alors même que « l’impasse n’est pas une option ».
Une position claire saluée par Sonia Backes, la présidente de la province Sud. « On attendait la réaction de l’État sur la suite (…) Je suis en phase. Ceux qui sont contre proposent quoi à la place ? », a-t-elle questionné.
Claire Gaveau



