Qu’est-ce qu’ils ont dit ? Qu’est-ce qu’ils vont dire ? Que faudra-t-il comprendre de ce qu’ils vont bien vouloir nous dire et aussi de ce qu’ils ne nous diront pas ? Qu’est-ce que les autres vont en dire ? Et dire qu’on pensait – enfin, on l’espérait très naïvement – être débarrassé de ce cercle vicieux, de ce bouquet de questions piquantes fleurissant par cycle. Avec l’accord signé à Bougival plus tôt ce mois-ci par toutes les délégations participant aux négociations politiques concernant le présent et l’avenir du territoire, on pouvait se dire que plus jamais on se retrouverait en position d’attendre fébrilement, le dimanche soir puis encore en début de semaine, le récit de ce que certains ont bien pu se dire durant leur week-end en Brousse, dans l’attente d’un nouveau week-end de palabres en Brousse (on ne s’en sort pas !). L’accord devait mettre tout le monde d’accord, siffler la fin de la récréation d’un petit jeu politique qui n’a que trop duré. Les Calédoniens sont patients, résilients, quand ils ne sont pas déjà résignés, mais leur patience, ô combien impressionnante, a sans doute atteint ses limites en constatant les premières tendances issues des échanges de samedi à Voh : se profile un recul majeur de l’UC (lire page 2), semble-t-il lancée sur la voie express vers une annulation de sa signature. L’accord avait pour promesse d’apporter sérénité et stabilité. Pour le moment et par la faute d’une poignée, toujours aussi radicale si ce n’est plus, c’est l’inquiétude et l’incertitude qui règnent.
Anthony Fillet



