Quand les premiers sont occupés, les secondes dansent ? Non, elles volent. Au sens de piller. Ainsi vit la Calédonie depuis mai 2024, au rythme des faits divers. Un rythme endiablé, répétitif. Les habitants connaissent la chanson. C’est toujours le même refrain, fait de fausses notes donnant mal à la tête. Un disque rayé, tournant en boucle. Auquel on peut donner un nom : l’indécence. Dans votre édition du jour, en page 4, on peut lire un témoignage (un de plus) saisissant. Et éclairant sur la situation du moment. Ce producteur d’agrumes, sur la commune de La Foa, raconte qu’il s’est fait dérober, la semaine passée, un véhicule et une partie de sa récolte. On parle là de 1,3 tonne de fruits ! Il confie que « les gendarmes de Canala ont vu passer le Kia avec les voleurs. Mais ils étaient déjà en intervention sur une voiture volée avec sept individus à interpeller. Ils ont donc vu le camion circuler et ils n’ont rien pu faire. Je ne leur en veux pas, ils n’étaient pas assez nombreux », relève-t-il. Refusant de « perdre une matinée à la brigade », le malheureux n’a pas porté plainte. « Ça ne sert à rien. On sait comment cela fonctionne », dit-il, toujours sans animosité mais avec une bonne dose de résignation. Il a choisi de mener sa propre enquête, suivant les traces laissées par les pneus, suivant aussi les fruits tombés pendant la fuite des voleurs. Une quête jusque-là sans succès pour ce Broussard, déjà pillé par le passé et qui constate une ambiance dégradée. « Ça a repris de plus belle ces derniers jours. Le problème, c’est qu’à partir de 1 h du matin il n’y a plus qu’une patrouille de gendarmerie dans le village. Je me mets à la place des gendarmes, ils ne peuvent pas être partout. » Combien en faudrait-il pour quadriller tout le secteur, si vaste ? Les souris ayant souvent un coup d’avance sur les chats, ceux-ci devront se montrer déterminés, agiles et inventifs pour parvenir à mettre hors d’état de nuire leurs proies.
A.F.



