Dès qu’il est question de la Nouvelle-Calédonie, on sort des placards une série d’experts, d’analystes et de calédologues de tous poils, qui donnent leur avis, en nous faisant croire qu’il compte. L’accord conclu à Bougival ne pouvait évidemment pas échapper à cette règle immuable, apanage de certains médias. Or, ces avis et analyses émanent de personnages qui, pour la plupart, n’ont plus avec nous et la Nouvelle-Calédonie qu’une relation lointaine et épisodique, relevant souvent du souvenir, mais dont les commentaires sont apparemment nécessaires. Il s’avère que ces spécialistes, pour la plupart, ont une conscience de gauche, favorable à plus ou moins longue distance à l’indépendance. Sans doute la gauche aime-t-elle parler. Après bien sûr, nous n’avons pas forcément besoin de tous ces avis, en particulier dans cette période si délicate de l’ après-Bougival , qui réclame de la réflexion et de la compréhension. Et puis, en même temps que certains anciens sont ressortis des limbes, d’autres voix se font discrètes, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Les ténors de LFI qui avaient pris l’habitude de l’ouvrir sur la Nouvelle-Calédonie, semblent marquer une pause, comme si l’accord de Bougival avait brutalement mis fin à leurs fantasmes politiques . Et ça, c’est une bonne chose.
Nicolas Vignoles



