Inaat Ne Kanaky, ce groupe coutumier autoproclamé, a publié un communiqué pour dire tout le mal qu’il pense de l’accord de Bougival. Les « royaumes » dénoncent le fait qu’ils n’aient pas été associés aux discussions, et sur ce point critiquent autant l’État que les responsables politiques de tous bords. « Nous rappelons à toutes les forces politiques », dit le communiqué du secrétariat permanent, « que toute évolution institutionnelle sur nos Royaumes, ne peut se faire sans la voix et l’assentiment des autorités coutumières, garantes de l’identité culturelle et des droits du peuple premier ».
Justifier le 13 mai
Pour justifier ses reproches adressés à l’État de ne pas l’avoir convié aux discussions de Bougival, Inaat Ne Kanaky explique que « l’ensemble des ressources terrestres, marines, aériennes et spatiales (sic) demeure la propriété inaliénable des Royaumes concernés ». Et pour ces Royaumes, « cette carence fragilise notre société et appelle à une refonte concertée des fondements de la gouvernance ». Inaat Ne Kanaky ne commente pas plus avant le texte de l’accord, se lançant dans une explication économique pour justifier le 13 mai et la délégitimation des élus. « Nous rappelons », dit le communiqué, « que la situation économique et sociale actuelle est le fruit de plus de trente ans d’incapacité des institutions à impulser et maitriser une dynamique de développement réellement équilibré et équitable pour notre peuple dans le cadre du processus de décolonisation ». En conclusion, « nous souverains et autorités coutumières kanak apportons notre soutien aux prisonniers… et appelons notre jeunesse et la population à ne pas répondre aux quelconques provocations et à rester calme et digne ». Une conclusion qui pourrait laisser supposer que certains parmi cette « jeunesse » seraient tentés de mener des actions.
Nicolas Vignoles



