Il y a donc un accord, il a été rédigé et signé. Reste maintenant à nous l’expliquer pour que, lorsque nous serons consultés en février prochain, nous puissions nous exprimer en toute connaissance de cause. Expliquer, cela va réclamer de la part des délégations d’aller à la rencontre des Calédoniens, même si certains responsables ont entamé cette campagne dans les médias locaux et nationaux. Et qu’il s’agisse des indépendantistes comme des non-indépendantistes, cette campagne d’explication ne sera pas de tout repos, tant les opposants à l’accord paraissent virulents, tout du moins sur les réseaux. C’est aussi pour cela qu’à L’Élysée en conclusion des négociations, le courage des membres des délégations a été souligné. Il fallait en effet du courage. Invité de France Inter, le ministre d’État, ministre des Outre-mer a même parlé de « menaces directes » sur des personnalités indépendantistes comme loyalistes, précisant que « nous allons agir pour prévenir cela ». C’est pour le moins inquiétant d’avoir à se dire que cette campagne d’explication pourrait mal se passer, et qu’il faudra peut-être une protection particulière pour celles et ceux qui vont la mener. C’est donc bien que l’Etat en soit conscient, et qu’il prenne toutes les dispositions nécessaires pour que le débat soit ce qu’il sera, mais sûr et apaisé.
Nicolas Vignoles



