On mesure bien sûr le caractère historique d’un événement aux réactions qu’il suscite. La signature d’un accord à Bougival relève de cette catégorie. Alors que les Métropolitains ont passé la journée coincés dans les bouchons des vacances, les médias nationaux se sont fait l’écho de cette signature, la qualifiant d’ailleurs « d’historique », le qualificatif le plus usité dans la circonstance. Mais il n’y a pas que les médias qui servent de thermomètre, toutes les autorités politiques de la nation ou presque, d’Emmanuel Macron à Jean-Luc Mélenchon, ont commenté la signature de Bougival. Un accord qui n’a d’ailleurs pas encore officiellement de nom, même s’il est titré « le pari de la confiance ». Restera-t-il à ce titre dans l’histoire comme « l’accord de Bougival », ce qui ne parle pas vraiment à la Calédonie, ou lui trouvera-t-on au dernier moment une appellation pérenne ? Bien sûr, direz-vous, l’essentiel est ailleurs. Il est dans ce qu’il y a dans cet accord et dans les explications que nous donnerons les délégations de retour à Nouméa. Car, il va falloir expliquer, c’est d’ailleurs le cas à chaque fois que des accords sont intervenus dans la vie politique de la Nouvelle-Calédonie. En tous les cas, ils sont nombreux à se féliciter qu’un accord ait pu être trouvé, poussant même un ouf de soulagement. Même si, bien sûr, on entend dans chaque camp, les récriminations de ceux qui estiment que leurs représentants ont été trop loin ou pas assez.
Nicolas Vignoles



