C’est comme ça, de manière récurrente, mais à intervalles irréguliers, on incendie une école ou tout autre bâtiment. On met ça sur le compte de la délinquance, qui voit le nombre des vols de voiture et des cambriolages exploser. C’est sans doute faire un contresens. Depuis le 13 mai 2024, l’incendie est non seulement le symbole de l’insurrection, il est surtout une arme politique. Ces feux déclenchés ici et là , à Nouméa, dans l’agglomération comme en brousse, sont les cendres du 13 mai qui tombe sur nos têtes. Mais la « symbolique » est la même. L’insurrection, c’est la destruction portée comme action politique et revendicative de l’indépendance. Il n’est donc pas anormal de penser que des nostalgiques de ces jours sombres se manifestent ou que des jeunes, souvent mineurs, se rappellent au bon souvenir des grands frères de lutte. Le fait que des établissements scolaires soient plus particulièrement ciblés n’est pas non plus un hasard. Très souvent ils ont été fréquentés, et dans un temps pas si éloigné que ça, par les auteurs mêmes de ces feux, sur lesquels d’ailleurs dans la plupart des cas, les forces de l’ordre mettent la main. En attendant, nous devons vivre sous ce régime d’une sécurité globalement rétablie, mais qui, par la folie de quelques-uns, connaît des aléas. Et les petits élèves de James Paddon devront patienter avant de retrouver leur cantine.
Nicolas Vignoles



