Rencontre avec… Yann Latil

Les Forces armées en Nouvelle-Calédonie (FANC) sont engagées, depuis lundi, dans l’exercice Croix du Sud qui se déroulera cette année sur le Caillou et à Wallis-et-Futuna. Le point avec le général de division Yann Latil, commandant supérieur des FANC.

La voix du Caillou : Mon général, dans une année militaire, Croix du Sud est-il un point d’orgue pour les FANC ?

Yann Latil : Oui, c’est clairement un moment fondamental, c’est un exercice qui se tient tous les deux ans et qui nécessite une préparation de plusieurs mois. En fait, on enchaîne un Croix du Sud sur l’autre et c’est le retour d’expérience du précédent qui nous permet de monter le suivant. Donc c’est effectivement un moment très important dans la vie des FANC, dans la vie d’un commandant supérieur aussi et de tout l’État-major, de toutes les composantes qui sont mobilisées.

LVDC : Justement, vous, comment appréhendez-vous cet exercice ?

YL : D’abord, je l’ai accompagné sur toute sa durée, j’en ai défini les grands axes et puis j’ai des personnes qui ont travaillé dans le détail pour en régler toutes les subtilités, traitées lors de diverses réunions qui se sont tenues à plusieurs reprises depuis six mois maintenant, depuis novembre dernier, avec nos partenaires pour qu’on comprenne ce que chacun était prêt à mettre, ce que chacun attendait de cet exercice. Donc, les rôles sont bien répartis entre un ComSup qui donne les grandes lignes, un État-major qui en définit avec les partenaires les détails et puis les composantes qui mettent tout ça en œuvre.

LVDC : Au fil des ans, cet exercice a pris de plus en plus d’ampleur. Ce qui pouvait apparaître autrefois comme des manœuvres un peu classiques de terrain deviennent aujourd’hui un exercice international tout en restant interarmées. Qu’est-ce qui a motivé cette croissance de l’exercice ?

YL : Alors, je dirai que c’est double, voire triple. D’abord, c’est un exercice qui a plus de vingt ans, qui est né en Nouvelle-Calédonie à l’initiative des FANC et de mes lointains prédécesseurs. Et ça s’est fait dans un cadre avec nos voisins les plus proches, Nouvelle-Zélande, Australie, Tonga pour les premiers. Et, petit à petit, on a agrégé du volontarisme autour de nous – Fidji, Papouasie-Nouvelle-Guinée, etc. – pour arriver cette année à 18 pays qui participent à l’exercice et 23 qui sont représentés. Donc le premier volet, c’est l’appétence de nos voisins pour nous rejoindre. Le deuxième volet, c’est un volet France et son investissement dans le Pacifique. C’est une région qui est importante, où les enjeux globaux se tiennent et où la France veut être présente à travers les composantes et les forces armées dont elle dispose ici et en Polynésie française. On pourrait évoquer plus largement l’Indo-Pacifique avec mes camarades de l’océan Indien. Donc ça c’est le deuxième volet. Et le troisième, c’est un exercice qui traite des sujets de secours aux populations. Et on sait que l’accélération du changement climatique intensifie la violence et le rythme de ces événements. Donc c’est aussi ce troisième volet qui fait que Croix du Sud prend de l’ampleur. Au final : une appétence de nos voisins, une volonté de la France d’être investie de plus en plus dans la région et puis faire face aux événements climatiques qui se multiplient.

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Propos recueillis par Nicolas Vignoles

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