Il y a des moments dans la vie, où il vaut mieux se taire. Parce que les discours, les réactions, les commentaires, les prises de position peuvent venir troubler la réflexion et l’action. Les négociations de Matignon comme celles de Nouméa, s’étaient déroulées dans le secret le plus absolu et le silence le plus intense. Se référant à ces prédécesseurs Michel Rocard et Lionel Jospin, Manuel Valls semble avoir fait sienne cette consigne, et il a bien raison. Rien ne filtre de ce qui se passe au Haut-commissariat, sinon que les uns et les autres travaillent sur un nouveau document, sorte de préfiguration de ce qui pourrait être un accord. On attend donc ce soir que sorte de la résidence un panache de fumée, noire ou blanche, qui nous signifiera à quoi ont abouti ou non les négociations. Autant lors de la première séquence, il y a un mois, le ministre comme les délégations se montraient bavards, autant cette fois le silence imposé est respecté. C’est le mutisme le plus absolu. Il faut dire que les enjeux sont tels, et les discussions tellement délicates et ardues, que le silence plus que jamais est d’or. Il sera bien temps ensuite d’entendre ce que les uns et les autres auront à nous dire.
Nicolas Vignoles



