Alors que le gouvernement cherche à faire des économies, en vue du vote du budget, les syndicats dénoncent déjà certaines propositions envisagées dans la fonction publique.
Faire des économies coûte que coûte. C’est la mentalité dorénavant inhérente à chaque responsable politique. Et Alcide Ponga, le président du gouvernement, n’y fait pas exception. Ainsi, mardi, il pilotait la deuxième session du séminaire financier, dans la continuité de celui engagé le 21 février. Une session consacrée aux différentes trajectoires d’équilibre et aux pistes d’économies et de maîtrise des dépenses alors que le budget de la Nouvelle-Calédonie doit être voté avant le 31 mars prochain. Car, on le sait, les finances sont exsangues. Alors différentes pistes ont été évoquées, notamment dans la fonction publique, avec la suppression ou le gel de cent postes, la suppression ou la réduction de prime catégorielle, le gel de l’avancement, l’alignement de l’indexation des salaires sur tout le territoire ou encore la diminution du point d’indice.
Des propositions qui n’ont pas tardé à faire réagir les syndicats. « Le gouvernement doit sur son budget propre baisser les dépenses publiques à hauteur de 5% (1,5 milliard). Or les propositions listées ne visent qu’une diminution de la masse salariale des agents de la fonction publique de la Nouvelle-Calédonie sans aucune proposition de réformes visant à réduire les dépenses publiques », déplore, dans un communiqué, l’UT CFE-CGC. Même son de cloche du côté de la Fédé, qui « se refuse d’envisager de diminuer la masse salariale du secteur public tant qu’il ne sera pas envisagé une réforme globale de la dépense publique ».
« Tenir compte des sacrifices déjà consentis »
Car, s’ils sont « conscients » des efforts indispensables à mener pour la « reconstruction de la Nouvelle-Calédonie », certaines lignes rouges semblent toujours infranchissables. « Cet effort doit être équitable et supporté par tous les fonctionnaires (territoriaux et Etat) », prévient l’UT CGE-CGC, rappelant le « rôle essentiel » des agents « dans le bon fonctionnement de la société, que ce soit dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la sécurité ou des services sociaux. » Et de conclure, sans fermer le dialogue mais en faisant preuve de fermeté : « Il est essentiel de trouver des solutions qui tiennent compte des sacrifices déjà consentis et qui garantissent non seulement la pérennité de nos emplois, mais aussi la qualité des services que nous offrons à la population. Il est temps de travailler ensemble pour construire une société plus juste et plus équilibrée. »
Claire Gaveau