Les incendies volontaires de brousse se concluent rarement par une condamnation. Le 12 septembre 2023, un important feu s’était déclaré sur la commune de Canala, détruisant un peu plus de vingt hectares de végétation et environ 6 000 pinus. Des arbres destinés à la sylviculture et « sur le point d’être coupés pour être exploités », note la présidente du tribunal correctionnel de Nouméa. Pour ce dossier, évoqué en toute fin d’audience, le prétoire est resté désespérément vide. Personne sur le banc des parties civiles, alors même que le feu s’est rapidement propagé sur des parcelles appartenant à deux exploitants qui ont renoncé à chiffrer leur préjudice et à demander une indemnisation. « Ils ont fini par baisser les bras », confie la magistrate, relevant que les victimes avaient pu paraître désabusées face à la complexité et à la lenteur de l’administration de la province Nord.
Des dégâts gigantesques
Personne non plus à la barre. Le prévenu, un homme de 21 ans inconnu de la justice, n’a pas fait le déplacement jusqu’au palais de justice.
À l’époque des faits, l’hypothèse d’un acte malveillant avait rapidement gagné les esprits des habitants. La rumeur publique qui circulait dans le village et qui pointait la responsabilité de ce jeune homme avait fini par arriver aux oreilles des gendarmes. L’intéressé avait alors reconnu être à l’origine de cet incendie. D’un père bûcheron, le prévenu était parti « à la chasse » sur les hauteurs de Canala. « J’ai mis le feu pour me frayer un chemin dans les champs de niaoulis. Mission accomplie », avait-il déclaré aux enquêteurs. « C’est un pyromane qui a rapidement été soupçonné par son entourage car ce ne serait pas la première fois qu’il met le feu à cet endroit. L’incendie n’a pas été contrôlé, les dégâts sont gigantesques », souligne le procureur Richard Dutot qui requiert deux ans de prison avec sursis simple. Le tribunal l’a finalement condamné à douze mois de prison dont dix mois avec sursis.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche



