La SLN victime d’un « pacte de corruption » évalué à plus de 400 millions de francs

Un technicien a berné la direction de la Société Le Nickel pendant des années, amassant des dizaines de millions de francs en favorisant une entreprise sous-traitante sur le site de Doniambo en échange d’une rémunération occulte. Il risque de la prison ferme et une amende de 100 millions de francs.

Il était « respecté », « sérieux et irréprochable » et ses supérieurs avaient une « confiance aveugle » en lui. De ce technicien « discret », entré en 1975 au sein de la Société Le Nickel (SLN), jamais personne n’aurait pu imaginer qu’il était la « pierre angulaire » d’un « pacte de corruption » qui a permis à une entreprise de terrassement, sous-traitante de l’industriel minier, de détourner des centaines de millions de francs entre 2013 et 2015 et d’en rétrocéder une grande partie à son profit dans le plus grand secret. « C’était un salarié au-dessus de tout soupçon. Il était complètement autonome, consciencieux, pointilleux et d’une grande rigueur », dira de lui un de ses responsables. À la SLN, tout le monde est tombé dans le panneau, personne n’avait rien vu. Des années plus tard, cet homme, de 68 ans, a comparu, la semaine dernière, devant le tribunal correctionnel de Nouméa pour répondre de corruption passive et d’abus de biens sociaux. Un scandale financier qui lui fait désormais risquer très gros. C’est de manière totalement invraisemblable qu’il va se faire démasquer et que son empire financier va s’écrouler. En décembre 2015, un chef d’entreprise pousse les portes du commissariat. Il raconte aux policiers de la brigade financière que deux ans plus tôt, il a acquis JNT pour la somme de 200 millions de francs. Cette société de terrassement n’a qu’un seul client, la SLN, pour qui elle réalise des missions d’évacuation du minerai carburé sur le site de Doniambo, de curage d’un chenal et d’autres prestations environnementales. S’il est venu porter plainte pour escroquerie, c’est parce qu’une consultante, qu’il avait engagé pour l’aider à gérer son entreprise alors en grande difficulté financière, lui a fait remarquer qu’il réglait chaque mois des factures émises par la société Estrageci pour des prestations fictives, et ce, depuis son rachat. Les montants détournés seraient, selon lui, astronomiques. Plus surprenant encore, le gérant d’Estrageci n’était autre qu’un « technicien assainissement » de la SLN, qu’il connaissait bien puisqu’il était le donneur d’ordre et le contrôleur des travaux réalisés par JNT.

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Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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