Le 18 avril dernier, lors d’un déplacement en grande pompe dans le Caucase, Omayra Naisseline signait un mémorandum de coopération entre le Parlement de l’Azerbaïdjan et le Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Une signature qui avait soulevé de nombreuses interrogations et suscité une vive polémique.
Six mois presque jour pour jour après la signature de ce mĂ©morandum, Veylma Falaeo, la prĂ©sidente du Congrès, a rencontrĂ© la presse hier pour Ă©voquer ce dossier brĂ»lant. Mais surtout, pour y mettre un point final. Au cours d’un propos liminaire, PĂ©tĂ©lo Sao, conseiller de la prĂ©sidente, a expliquĂ© que Veylma Falaeo avait Ă©tĂ© destinataire d’un courrier de Louis Le Franc, le Haut-commissaire, indiquant que les services de l’État avaient dĂ©posĂ© un recours gracieux auprès du juge administratif afin de procĂ©der Ă un contrĂ´le de lĂ©galitĂ© de ce mĂ©morandum. MĂ©morandum transmis aux services du Haut-commissariat, le 19 juillet dernier, par le Congrès de la Nouvelle-CalĂ©donie, alors prĂ©sidĂ© par Rock Wamytan. Le service juridique du Congrès, dĂ©sormais prĂ©sidĂ© par l’OcĂ©anienne Veylma Falaeo, a produit une note très claire sur le sujet. « L’article 70 de la loi organique ainsi que l’article 12 du règlement intĂ©rieur du Congrès stipulent que le prĂ©sident du Congrès ne peut habiliter qu’un de ses vice-prĂ©sidents Ă signer en son nom et donc Ă engager le Congrès de la Nouvelle-CalĂ©donie », a tout d’abord rappelĂ© la prĂ©sidente.
Clair, net et précis
Or, Omayra Naisseline, qui est celle qui a signĂ© l’acte le 18 avril dernier, « n’était pas vice-prĂ©sidente ». « Officiellement et juridiquement, elle n’Ă©tait pas habilitĂ©e Ă engager la responsabilitĂ© et le Congrès au nom du prĂ©sident », a poursuivi Veylma Falaeo, qui a par ailleurs expliquĂ© qu’aucun Ă©lu, ni aucun membre de l’administration de l’institution n’avait eu en sa possession ce fameux mĂ©morandum.
Devant la presse, la prĂ©sidente du Congrès a ensuite fait une dĂ©claration officielle. « Le mĂ©morandum est juridiquement non existant. En tant que prĂ©sidente et au nom du Congrès de la Nouvelle-CalĂ©donie, je dĂ©clare que ce mĂ©morandum est nul, non avenu, et de nul effet ». Ce mĂ©morandum, qui n’en est plus un, n’est donc plus un sujet aux yeux de l’institution calĂ©donienne. « L’important aujourd’hui, c’est que nous devons rebâtir, rebâtir notre confiance en l’avenir, rebâtir notre confiance en nous, rebâtir la cohĂ©sion, rebâtir les structures et les emplois sur tous les lieux oĂą nous faisons sociĂ©tĂ©, oĂą l’on fait peuple. Rebâtir l’unitĂ© », a conclu la prĂ©sidente.
Lionel Sabot




