Dans une note de 22 pages, l’Autorité de la concurrence de Nouvelle-Calédonie (ACNC) s’est penchée sur la nécessaire refonte du modèle économique du territoire, « essentiellement protectionniste », exacerbée par la crise récente.
La haute autorité a souhaité par cette note contribuer aux débats en cours, notamment ceux menés dans le cadre de la conception du plan S2R (sauvegarde, refondation, reconstruction) en train d’être conçu par le gouvernement.
« Effets néfastes »
La Nouvelle-Calédonie a développé un modèle économique « essentiellement protectionniste » qui vise à protéger les produits fabriqués localement contre la concurrence des produits importés, à travers des mesures comme les interdictions ou quotas d’importation et des taxes douanières. Ce modèle présente « plusieurs limites », selon l’ACNC. Les barrières à l’importation, censées protéger l’emploi, engendrent des effets pervers sur la concurrence, rendant cette protection peu efficace et coûteuse, explique en substance la haute autorité. Les mesures de protection quantitative, telles que les quotas et les suspensions d’importations, sont « les plus attentatoires à la concurrence », selon l’Autorité, en ce qu’elles restreignent l’approvisionnement alternatif, augmentent le pouvoir de marché des producteurs locaux, souvent en situation de monopole, et entraînent une inflation des prix. Ces restrictions limitent également l’innovation des producteurs locaux en réduisant la pression concurrentielle. En revanche, les barrières tarifaires, bien que renchérissant les importations, induisent « moins d’effets néfastes pour la concurrence », tempère l’ACNC.
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Connectez vous pour y accéder !
Béryl Ziegler