Le « sniper » de Païta a été ciblé par un système d’espionnage ultra sophistiqué

Pour identifier et mettre la main sur un homme considéré comme dangereux sur les barrages de Païta, les enquêteurs ont utilisé des moyens d’investigations extrêmement poussés.

C’était l’un des objectifs prioritaires des officiers de police judiciaire. Alexandre G., 37 ans et originaire de la tribu de N’dé, est aujourd’hui considéré comme l’un des militants les plus actifs et les plus dangereux des barrages de Païta et notamment dans le col de la Pirogue. Pour parvenir à le remettre à la justice, les enquêteurs de la gendarmerie ont déployé des moyens d’investigations considérables.

Depuis le 13 mai dernier, début de la crise insurrectionnelle, cet activiste est soupçonné d’avoir orchestré la rébellion sur les routes et mené les affrontements avec les forces de l’ordre. Au tribunal correctionnel de Nouméa, lundi, le président Eric Mangin finit par perdre le fil au moment de lire attentivement la prévention tant les chefs d’accusation sont nombreux à l’égard du prévenu entouré de plusieurs policiers dans le box. Il lui est notamment reproché « une participation à un groupement formé en vue de la préparation d’actes de violences ou de dégradations » en donnant des « directives » et des « informations » afin de « coordonner » et d’exécuter des « actions violentes ».

Le trentenaire aurait, à entendre le parquet, « échafaudé » des « stratégies d’intervention » visant à « entraver » des opérations de maintien de l’ordre des gendarmes. Pour ce faire, le suspect aurait ainsi tenu « un poste d’observation » spécialement aménagé depuis lequel il lui était possible de « donner la localisation » des forces de l’ordre qu’il transmettait à ses complices « en utilisant des moyens de communication comme des talkies-walkies ».

Jusqu’à la date de son interpellation la semaine dernière – le 26 juin – cet homme qui s’est présenté comme « un coutumier » mais dont ne sait rien – ni la situation familiale, professionnelle ou judiciaire – aurait volontairement ouvert le feu sur les véhicules blindés VBRG des gendarmes mobiles avec une carabine Tikka de calibre 7RM dotée d’une lunette. Le 25 juin, par exemple, il a visé les forces de l’ordre à au moins cinq reprises.

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Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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