Une crise qui affecte aussi nos animaux

Face à une crise sans précédent, notre territoire insulaire voit ses ressources médicales, y compris les vaccins antirabiques, sévèrement restreintes. Christophe Billard, vétérinaire, nous explique les implications de cette pénurie sur les propriétaires d’animaux et les préparatifs nécessaires pour les départs massifs en cours.

« On est considéré comme les parias du système de santé ». Les mots sont forts mais témoignent de toutes les difficultés que traversent actuellement les vétérinaires. Alors que la Nouvelle-Calédonie vient d’achever une troisième semaine d’émeutes et de tensions, les professionnels de santé qui se consacrent aux animaux affichent une inquiétude certaine face à cette situation persistante alors qu’ils sont dorénavant « en flux tendu » sur de très nombreux médicaments. « Les autorités laissent malheureusement souvent le milieu animalier pour compte dans les réassorts de médicaments, explique le Dr Christophe Billard. Normalement, nous pouvons faire des commandes par Chronopost et être livrés en une dizaine de jours, mais maintenant cela va dépendre de beaucoup plus de facteurs. »

Une réalité qui concerne notamment les vaccins antirabiques. Face aux flux de personnes réfléchissant à quitter le territoire, le nombre de demandes a explosé ces derniers temps. Au point de craindre la rupture… Ce médicament est pourtant obligatoire pour espérer quitter le territoire avec ses animaux alors que, selon les règles fixées, les animaux de compagnie doivent donc être vaccinés contre la rage depuis au moins vingt-et-un jours, être pucés électroniquement et avoir subi des contrôles vétérinaires pour obtenir des certificats de bonne santé. De plus, les cages de transport doivent être homologuées IATA.

La crainte des abandons

Les vétérinaires locaux, régis par la SIVAP/DAVAR et l’ordre des vétérinaires de Nouvelle-Calédonie, sont submergés par la demande croissante de services. Christophe Billard souligne que la situation actuelle pousse des personnes qui ne seraient pas parties en temps normal à quitter le territoire rapidement, ce qui laisse des traces. « Il va falloir que les autorités s’inquiètent sérieusement des abandons d’animaux, dit-il, car il faut une réglementation stricte pour éviter un nombre en constante croissance d’abandons. » Certains propriétaires sont déjà aux abonnés absents alors que leurs animaux sont pucés.

Les associations locales jouent un rôle crucial dans le soutien aux animaux abandonnés. Depuis sa création en novembre 2016, comme La Bande à Nounou (BAN), par exemple, s’efforce de recueillir et de soigner les animaux en détresse. « Nous recevons de nombreux messages de personnes cherchant à quitter le territoire et demandant de l’aide pour leurs animaux. Malheureusement, nous sommes limités dans nos moyens. Nous proposons de prendre des photos et de diffuser les annonces, mais c’est tout ce que nous pouvons faire pour le moment. La demande de croquettes et de nourriture pour animaux a également augmenté. Nous fonctionnons uniquement grâce aux dons de particuliers et nous n’avons aucune subvention publique », témoigne l’une des bénévoles de la BAN.

Malgré la crise, la solidarité de la population calédonienne reste forte. La récente collecte de croquettes organisée par Virginie Sallat, de l’association Animal Action, qui collabore avec d’autres associations, a été un succès et a montré la générosité des habitants. Cependant, les besoins sont constants et urgents. Les associations recherchent continuellement des bénévoles et des dons pour continuer leur mission. Pour ceux qui souhaitent aider, des informations sur les prochaines collectes et les moyens de soutenir les associations sont disponibles sur leurs pages Facebook. Car, il ne faut pas l’oublier, la crise actuelle n’affecte pas seulement les humains, mais aussi les compagnons.

Margaux Lorenzini

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