Pénurie de farine et de riz en vue en Nouvelle-Calédonie ?

Depuis quelques jours, les clients constatent que les rayons des supermarchés sont vides de farine, de riz, de briques de lait ou de sachets de pâtes. Pour autant, plus qu’une éventuelle pénurie, ce sont surtout les livraisons qui inquiètent les commerçants.

« Encore rien ! On va finir par vraiment manquer », peste un des clients du Auchan Quai Ferry à Nouméa. Ce dernier s’est rendu dans trois supermarchés différents sur les deux derniers jours, mais le constat est le même : il n’y a plus de farine en rayon. Plus de farine certes, mais également plus de riz, plus de lait, et pratiquement plus de pâtes. Une situation exceptionnelle, qui « dépend énormément des livraisons qui ne sont pas toujours possibles. Ça évolue complètement en fonction des jours, on peut avoir plein de choses d’un coup comme ça peut ne jamais venir. On risque une pénurie », explique une des vendeuses du Auchan.

Les livraisons inquiètent

Et la livraison, c’est tout le problème. Du côté de la boulangerie ‘’Au pain d’antan’’ située dans l’Anse-Vata, on ne s’inquiète pas forcément d’une pénurie, mais plutôt de comment récupérer de la matière première. « Réellement, il y a des stocks sur le territoire, quand on arrive à accéder aux docks. C’est juste que toute la logistique est arrêtée, souligne le gérant de la boulangerie. On parle beaucoup de farine, mais nous on a aussi manqué de sel, de beurre. Le problème, c’est que toutes les matières premières sont bloquées. En fait, il n’y a pas de préparation de commandes, pas de livraisons. » Sa boulangerie a d’ailleurs dû fermer durant cinq jours : « Nous on a dû changer de fournisseurs, heureusement on a la Sceb qui a joué le jeu de faire travailler les petits commerçants, c’est grâce à cette entraide qu’on a pu rouvrir. » Actuellement, le gérant estime avoir une vision pour tenir encore une semaine, mais « s’inquiète surtout de pouvoir trouver des solutions pour se réapprovisionner, pas forcément pour trouver la matière première en elle-même ».

Le groupe Saint-Vincent a du mal à reprendre

Une situation qui risque de se prolonger, puisque si les livraisons et les activités des producteurs sont bloquées, c’est notamment pour des raisons de sécurité. C’est le cas du groupe Saint-Vincent, responsable d’une grosse partie de la production de farine et de riz en Nouvelle-Calédonie, qui a vraiment du mal à relancer son activité. « Pour l’instant, nous ne pouvons pas travailler en toute sécurité », s’inquiète la direction du groupe. « Et si nous avons des stocks de matière première, ce que nous n’avons plus, ce sont des produits finis. »

Même son de cloche du côté des plus petits producteurs, comme Pierre qui est fabricant de pâtes alimentaires, et qui travaille avec plusieurs restaurants dans Nouméa. Comme le groupe Saint-Vincent, pouvoir travailler en sécurité est une condition indispensable à sa reprise. Pour le moment, il avance au jour le jour. « On travaille dans un coin chaud, ce n’est pas facile de savoir quand on peut travailler et dans quelles conditions », se lamente l’entrepreneur. « J’importe la matière première, et pour le moment j’ai un peu de stock, mais je ne sais pas quand ça va revenir à la normale, ni combien de temps je pourrai tenir. »

Malgré tout, la machine devrait se remettre en marche doucement. « Depuis vendredi, nous avons eu l’autorisation de faire importer, donc là on se concentre là-dessus, à faire des commandes pour importer du riz, du blé, des produits pour animaux », explique la direction du groupe Saint-Vincent. Pierre attend quant à lui également une livraison durant les prochains jours. Peut-être de quoi redonner du grain à moudre aux décideurs pour réorganiser le système de livraisons vers les commerçants.


L’avenir tourmente les petits commerçants

Pour les petits commerçants, la situation actuelle est certes dommageable, mais c’est surtout le moyen terme qui les inquiète. « 80% de notre clientèle, c’étaient les touristes », explique le gérant de la boulangerie ‘’Au Pain d’Antan’’. « Là, on fait du pain, c’est super et ça nous permet de tenir. Mais qu’est-ce qu’on va faire dans quelques mois quand les gens retourneront acheter dans les supermarchés ? Parce qu’ils vont oublier, les gens, que c’est nous qui étions ouverts pendant la pénurie. » Selon lui, il faut être confiant sur le fait de trouver de quoi se nourrir dans les prochaines semaines, mais la reconstruction va être difficile. « Alors certes, on a la chance de ne pas se retrouver brûlés et avec plus rien, mais tous les jours on s’inquiète de comment on va pouvoir fonctionner. Ce mois-ci, on se sauve pour payer les salaires, mais nous, je ne sais même pas si nous on va pouvoir se payer. »



Loris Castaing

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