“De très nombreux Calédoniens sont encore pris en otage”

Les politiques non-indépendantistes des Loyalistes et du Rassemblement ont dénoncé, vendredi après-midi, les zones de non-droit qui existent encore sur le territoire après dix-neuf jours d’émeutes appelant dès lors les habitants à rester mobilisés dans les rues pour protéger les quartiers et les familles.

Sonia Backes, Nicolas Metzdorf, Virginie Ruffenach, Gil Brial et Nina Julié ont pris une nouvelle fois la parole devant la presse, près de trois semaines après le début des émeutes. Et, malgré les jours qui passent, ils déplorent que “de très nombreux Calédoniens soient encore complètement pris en otage dans des situations avec une impossibilité de se déplacer pour s’alimenter ou se soigner”. Virginie Ruffenach, qui a été la première à prendre la parole, évoque “des zones où la CCAT fait régner la loi”.

Si tous, d’une même voix, saluent le travail des forces de l’ordre, le chemin est encore long. “Nous voulons les remercier et saluer ce travail”, poursuit la membre du Rassemblement. Etape par étape, les forces avancent. “Ce qui s’est passé à Rivière-Salée, où la population souffrait depuis des jours, nous voulons que cela se passe dans l’ensemble des quartiers en grande souffrance et dans les autres communes de l’agglomération”, ajoute-t-elle, évoquant quatre maisons incendiées à la Vallée-du-Tir jeudi soir, mais aussi Jacarandas et Auteuil à Dumbéa ou encore le Mont-Dore. “Au Mont-Dore il y a des quartiers qui sont des zones de non-droit tenues par des habitants. Je leur demande de tenir bon, de ne pas céder à la violence ni au chantage. C’est la résistance qui s’enclenche aujourd’hui”, abonde Nina Julié, élue de la commune mondorienne.

Continuer à occuper le terrain

Dans ce contexte, et face à des zones encore sous très fortes tensions, les élus non-indépendantistes appellent les habitants à rester dans les rues. “On veut leur dire qu’on a encore besoin d’eux (…) On demande qu’ils continuent cette mobilisation, qu’ils se réorganisent pour pouvoir tenir dans le temps. C’est essentiel parce que ce travail qui est fait permet aux forces de l’ordre d’intervenir là où les populations sont complètement isolées aujourd’hui”, lance Gil Brial. Aux risque de voir certains drames se produire alors que la colère a peu à peu succédé à la peur sur certains barrages de “voisins vigilants” ? “Il n’y a pas une frange de la population qui assassine des gens, ils protègent simplement leurs familles et nous avons besoin de cette mobilisation, elle est essentielle“, poursuit le vice-président de la province Sud.

Et ce, tant que l’Etat n’aura pas réussi à sa mission de sécuriser l’ensemble du territoire, de faire régner l’ordre républicain sur le Caillou. “On sait très bien qu’il va y avoir des dérapages si, au bout de 19 jours d’émeutes, effectivement, l’État ne passe pas à la vitesse supérieure en matière d’occupation du terrain avec les forces de l’ordre qui sont désormais extrêmement nombreuses“, ajoute Virginie Ruffenach.

Une réponse judiciaire attendue

Mais, pour Nicolas Metzdorf, il est également important d’apporter des réponses judiciaires à cette crise. “Attraper les jeunes émeutiers et les mettre en prison c’est une chose, il faut maintenant s’occuper de ceux qui les ont mis dans la rue. Notre message à l’Etat est très clair : ”vous devez arrêter les commanditaires de ces exactions””, avance le député calédonien. Sur cette question, à l’heure actuelle, il se dit “surpris”. “Le seul message envoyé aux Calédoniens, c’est la levée des assignations à résidence. Ils n’ont vu aucun commanditaire de ces émeutes interpellé et condamné. C’est à la justice indépendante qu’on demande d’intensifier ce travail. Il en va du contrat social. Beaucoup de Calédoniens depuis le début des émeutes ne se sentent pas protégés par l’Etat”, regrette-t-il.

Des discussions avec le FLNKS

Reste malgré tout à trouver un accord alors que “ce qui permettra de sortir de ce conflit est une solution politique”. “Cette solution politique s’inscrit dans le projet de société que nous partageons et qui est basé sur la démocratie. On voit bien aujourd’hui que dans certains discours guerriers de la CCAT que le dégel du corps électoral était un prétexte. Leur projet de société est un projet où la démocratie n’a plus sa place”, explique, de son côté, Sonia Backes, la présidente de la province Sud.

Selon elle, “les cartes sont dans les mains du FLNKS”. “Nous respectons le FLNKS, parce que les gens qui sont dans ces instances ont été élus, ils sont démocratiquement légitimes. On sait les effort qui sont fait par le FLNKS. On est et on sera toujours prêt au dialogue, on est et on sera toujours prêt à discuter avec les instances légitimes du FLNKS et les personnes désignées. Et on souhaite que ces discussions se fassent le plus rapidement possible”, enchaîne la cheffe de file du mouvement Loyalistes.

Dans le cadre de la mission instaurée par Emmanuel Macron, les hauts fonctionnaires tentent, eux, “de renouer les fils du dialogue”. “Mais ce n’est pas chez nous qu’ils sont le plus abîmés“, assure-t-elle. Mais, le processus pourrait être long alors que les Loyalistes défendent “un projet de société basé sur la démocratie”, quand la CCAT prône un projet basé “sur une supériorité ethnique”.

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