L’homme blessé par balles à Dumbéa est entre la vie et la mort

Un homme aurait ouvert le feu sur des gendarmes mercredi soir à Dumbéa. Atteint par deux tirs de riposte, il est blessé à l’épaule et au thorax. Son pronostic vital est toujours engagé”, précise, ce jeudi soir, le procureur de la République. Dans cette affaire, trois autres personnes ont été interpellées. Elles sont en garde à vue.

Une enquête, “diligentée par la section de recherches de Nouméa”, a été ouverte, pour “tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique”, explique le procureur. Les faits se sont produits le mercredi 29 mai, “vers 20 h 15, dans le secteur de la rue des Lilas”, entre Auteuil et Koutio, sur la commune de Dumbéa.

“Les premières investigations”, poursuit Yves Dupas, “permettent d’établir que peu avant 20 h” une personne a signalé “la présence d’un groupe d’individus alcoolisés”, sur l’“avenue de la Tonghoué, en précisant avoir entendu plusieurs détonations”.

Insultes, jets de pierres et douilles

“Au vu de l’inquiétude exprimée par les riverains et de leur potentielle mise en danger, des gendarmes du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale”, le GIGN, ont été envoyés rapidement sur place.

A leur arrivée, continue le procureur, les militaires se sont retrouvés “face à une quinzaine d’individus observant un comportement très hostile. Des outrages” ont alors été “proférés, tels que «  Nique la France, sales Blancs », et des pierres” ont été “jetées en direction des gendarmes afin de ralentir leur progression”. 

Malgré cette pression exercée contre elles, les forces de l’ordre n’ont pas reculé. La suite ? “Trois individus soupçonnés de violences par jet de pierres sont immédiatement interpellés et placés en garde à vue. A cet endroit, plusieurs douilles sont retrouvées, confirmant les détonations entendues par le voisinage”, narre Yves Dupas.

Visé, le militaire riposte par six tirs

C’est alors que “les gendarmes aperçoivent” un individu, “en possession d’une arme, prendre la fuite en direction de l’avenue d’Auteuil. Un dispositif visant à l’interpeller est mis en place, alors que l’homme emprunte la rue des Aloès avant d’atteindre un bosquet pour se cacher. A l’approche des gendarmes, il sort du fourré, et tire vers eux. Plusieurs sommations sont faites par les forces de sécurité”, souligne le procureur.

On passe alors proche d’un drame du côté des militaires. En effet, “un gendarme, positionné à une quinzaine de mètres, voit que le tireur épaule l’arme qu’il braque en sa direction. Face à cette menace, le gendarme, qui dans l’instant entend une détonation, fait de nouveau des sommations avant de faire usage de son arme de service, dans une action de riposte en tirant à six reprises vers le tireur.”

Ce dernier, dans la continuité de l’action, “parvient à s’enfuir en direction d’une habitation où il est retrouvé, blessé. Après avoir reçu les premiers soins prodigués par un médecin du GIGN, il est transporté par les gendarmes au centre hospitalier du Médipôle. En dépit d’une intervention chirurgicale, son pronostic vital est toujours engagé, les constatations médico-légales faisant état de la présence de deux projectiles, l’un au niveau du thorax et l’autre à l’épaule, dans la zone supérieure de l’humérus.”

“Un usage nécessaire et proportionné par le gendarme de son arme de service”

“L’enquête du chef de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique vise les agissements reprochés au tireur présumé, qui pour assurer sa fuite a ouvert le feu avec son fusil, à plusieurs reprises dans la direction des gendarmes”, est-il expliqué.

“En parallèle, une enquête en recherches des causes des blessures sur l’homme interpellé est conduite par les enquêteurs. Il s’agit de déterminer les circonstances de l’usage de l’arme par le gendarme. D’ores et déjà, les enquêteurs ont procédé aux premières constatations, au recueil de plusieurs témoignages et une expertise balistique est également ordonnée.”

Le procureur de la République ajoute : “à ce stade, l’hypothèse privilégiée par le parquet est celle d’un usage nécessaire et proportionné par le gendarme de son arme de service, dans une action de défense légitime face à un danger imminent de mort pour lui-même”.

“Enfin, concernant les trois personnes interpellées, leur garde à vue se poursuit, le délit de violences volontaires sur les militaires de la gendarmerie avec usage d’une arme par destination (projection de pierres) leur étant reproché.”

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