Le gouvernement veut (re)voir les fonctionnaires au travail

Léon Wamytan a appelé la majorité des fonctionnaires travaillant pour la Nouvelle-Calédonie à reprendre le travail ce lundi, après deux semaines de crise sécuritaire. Plusieurs syndicats lui ont fait part de leurs inquiétudes. Le secrétaire général du gouvernement a répondu hier soir en assouplissant son propos.

Tout est parti d’un mail envoyé samedi en fin de journée, signé Léon Wamytan, secrétaire général du gouvernement. Il y était indiqué, pour les fonctionnaires relevant de la collectivité Nouvelle-Calédonie, qui devait reprendre le travail ce lundi, qui en était exempté et quelles seraient les conséquences en cas de refus de revenir au bureau.

“Les agents habitant les communes de Païta et de Dumbéa, ainsi que ceux résidant”, pour la commune du Mont-Dore, dans les quartiers du Pont-des-Français, de Yahoué, de Robinson, de la Conception “et après Boulari”, “ne sont pas concernés par la reprise”. “Sont également exemptés” les fonctionnaires habitant, pour Nouméa, dans des quartiers “considérés comme non sécurisés” : Ducos, Montravel et Rivière-Salée. Voilà pour la province Sud.

“Prudence” aux Îles

Côté province Nord, “les agents habitant sur les communes de Voh et Pouébo ne sont pas concernés par la reprise au vu des barrages filtrants et aléatoires”. Léon Wamytan complète : “les agents habitant sur toutes les autres communes du nord de Canala, Poum jusqu’à Poya sont autorisés à se déplacer si les conditions de sécurité sont réunies”.

Du côté des Îles, les agents “sont appelés à faire preuve de prudence” dans leurs déplacements.

Concernant, cette fois, “les agents se trouvant bloqués à l’extérieur” du Caillou, ils “seront placés en permission exceptionnelle”.

Il est précisé que pour ceux “qui ne sont pas autorisés à se rendre sur leur lieu de travail” et qui le “peuvent”, ils “ont la possibilité de continuer leurs missions en distanciel”, c’est-à-dire en télétravail.

Pour les autres, c’est reprise… ou congés

Le message est clair : “tous les autres agents habitant dans les zones sécurisées doivent être présents dans leurs bureaux, à l’exception de ceux dont les locaux ont été détruits”. A partir de ce lundi, pour une durée indéterminée, “les horaires seront allégés, avec une journée de travail de 8 h à 15 h”.

En cas d’incapacité à être présent, il est demandé de contacter la Direction des ressources humaines de la fonction publique de Nouvelle-Calédonie (DRHFPNC), laquelle “traitera directement avec vos directeurs pour trouver des solutions adaptées”.

“Je compte sur votre compréhension et votre coopération dans ces moments difficiles”, concluait, samedi, le secrétaire général du gouvernement.

“Que cette mesure soit décalée dans le temps”

A ce mail, plusieurs syndicats ont répondu quelques heures plus tard, là aussi par écrit. “Nos organisations syndicales, l’UT CFE-CGC, la COGETRA, l’USOENC et la Fédé, prenons acte de vos consignes.” Toutefois, “nous souhaiterions que cette mesure soit décalée dans le temps, et que durant la semaine” qui vient de commencer “les agents soient toujours consignés à domicile (…) en privilégiant le télétravail pour ceux qui le peuvent et en perdurant si besoin les cellules d’urgence”, composées d’un nombre réduit de personnel.

Les “conditions ne sont pas réunies”

Dans ce courrier, envoyé au président du gouvernement avec en copie le secrétaire général, il est dénoncé que “les quartiers de Tuband, de la Vallée-du-Tir” et “du PK6 par exemple” ne sont pas mentionnés comme zones non sécurisées.

Plus largement, “ces mesures seraient acceptables selon nous, si et seulement si les accès de tous les axes de la commune de Nouméa étaient totalement sécurisés, les voies de circulation complètement dégagées, les conditions d’alimentation totalement rétablies, les stations de carburant réapprovisionnées, des solutions pour la garde des enfants, la garantie pour tout les agents de la NC de pouvoir rentrer à leur domicile sans risque malgré les horaires allégés, non sans compter l’impact psychologique sur les agents. Or, vous le savez pertinemment que ces conditions ne sont pas réunies à ce jour et que personne n’est en mesure de pouvoir le garantir dans la semaine à venir”, est-il encore écrit.

“Ne pas mettre en danger la sécurité voire la vie des agents publics”

La phrase suivante relève plus de la cuisine interne : la Nouvelle-Calédonie (qui comprend trente directions : DSF, DITTT, Dinum, DTE, DAE, DJS, etc.) “reste à ce jour la seule collectivité à rappeler ces agents pour une reprise d’activité car ni l’Etat, ni la mairie de Nouméa, ni la province Sud n’ont procédé à ce rappel”.

En conséquence et en conclusion, “nous vous demandons de ne pas mettre en danger la sécurité voire la vie des agents publics et réitérons notre demande de report de reprise d’activité. En espérant la prise en compte de notre sollicitation, nous vous remercions par avance et restons dans l’attente de votre retour.”

La réponse de la réponse

Ce n’est pas le président du gouvernement, Louis Mapou, qui a répondu très tard dimanche soir, mais Léon Wamytan. “Je tiens à réaffirmer que la sécurité de nos agents est notre préoccupation première. Ainsi, je vous informe que pour tous les agents des communes et quartiers insécurisés, les mesures de sécurité en vigueur ces deux dernières semaines sont maintenues.”

Ensuite, “toutes les autres situations spécifiques que vous avez mentionnées seront traitées par la hiérarchie directe des agents concernés. Des instructions ont été données aux directeurs et chefs de service pour faire preuve de souplesse quant aux demandes de leurs agents”, rassure le secrétaire général.

Plus forcément besoin, si on comprend bien, de s’adresser directement à la DRHFPNC, et in fine de devoir poser des congés en cas d’absence dans les jours à venir : entre les lignes, on peut y lire que le maître-mot, pour les directeurs et les chefs de service, sera d’être arrangeant avec leurs agents. Ce n’est pas le moment de voir déferler une vague d’arrêts maladie (autres que ceux qui sont dores et déjà attendus). Et puis, les directeurs et chefs de service sont déjà, pour beaucoup, débordés de travail tant la tâche est immense en ce moment.

“J’effectue une évaluation quotidienne des consignes et celles-ci pourront évoluer en fonction de la situation. De plus, un soutien psychologique et médical est disponible pour tous les agents”, souligne le secrétaire général.

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