Le discours offensif de la grande chefferie de Gureshaba

Un communiqué venu de Maré, non daté, a été diffusé ce dimanche matin.

« Le Royaume de Gureshaba, souverain dans la gestion de son territoire et de son peuple, adresse ses sincères condoléances aux familles endeuillées par la perte de leurs enfants tombés pour la lutte du droit du peuple autochtone Kanak ainsi que les agents de l’État tombés dans l’exercice de leur fonction », est-il d’abord écrit dans le communiqué signé Denis Wahnaade, de la tribu de La Roche, à Maré.

« Une semaine après le début des conflits, nous venons interpeller l’État français sur sa responsabilité face à la situation ainsi créée. » Il est ensuite dénoncé « les milices qui assassinent nos enfants qui luttent dans les barrages ayant comme seule arme leur voix », plus des drapeaux et « des pierres » : ainsi, il est demandé « que des enquêtes soient lancées afin que justice soit faite ».

« Des coups de feu »

La théorie du complot est suggérée, le communiqué parlant d’une « rétention d’information concernant le nombre de décès chez nos jeunes », élément plusieurs fois contesté par les autorités ces derniers jours. Pire : « les jeunes nous rapportent que les milices (élu loyaliste identifié) sortent pendant le couvre-feu et tirent des coups de feu » pour « provoquer » les jeunes, avec derrière « les forces de l’ordre qui jouent les pompiers ».

Plus loin, il est pointé du doigt le fait que « dans les quartiers sud, les commerces sont ouverts comme si de rien n’était ».

« Démission du Haussaire »

Le roi et son conseil de chefs de clans parlent d’un « appel au racisme des élus loyalistes fait dans les médias locaux, nationaux et internationaux », précisent aussi que « le peuple kanak n’a jamais porté de discours d’exclusion », et souhaitent qu’à l’instar d’une « vingtaine de responsables de la CCAT », des assignations à résidence soient prises contre « ces élus loyalistes qui appellent à la haine et la manipulation, aidés par les médias contrôlés par l’État ».

Le roi et son conseil s’en prennent ensuite « à l’impartialité de l’Etat dans la gestion de l’état d’urgence » et exigent « du gouvernement central français le retrait » ou la « suspension du texte sur le dégel du corps électoral, afin de ramener le dialogue dans notre pays ». Il est enfin demandé « la démission du Haussaire ». Raison avancée : des « propos provocateurs qui ne sont pas dignes d’un haut fonctionnaire d’État censé rétablir l’ordre dans le respect des droits humains et du peuple autochtone kanak héritier d’un peuple millénaire ».

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