Emeutes en Calédonie : comment trouver les mots justes avec les enfants

Depuis onze jours, les émeutes se poursuivent en Calédonie. Une période logiquement difficile pour tout le monde, mais aussi pour les enfants, qui peinent parfois à comprendre ce qu’il se passe réellement en dehors de leur maison. Dès lors, il faut trouver les mots justes pour les rassurer et leur expliquer la situation. Avec douceur et compréhension. Voici quelques conseils.

Les mots justes, dans des situations de crise, sont parfois difficiles à trouver. Il faut s’armer de patience, de douceur et de compréhension. Les enfants cherchent avant tout à être rassurés. Différents quartiers se sont mobilisés, et ont organisé à leurs échelles des réunions d’échange afin de partager des moments conviviaux entre parents et enfants, de tous âges. « Minimiser les traumatismes semble être une priorité », affirme une coordinatrice du quartier de portes de fer.

Limiter l’exposition aux images et termes violents

Pour protéger les enfants des images choquantes, évitez de les laisser seuls devant la télévision ou d’écouter la radio en continu. Les enfants peuvent s’imaginer des choses encore plus effrayantes s’ils entendent des informations sans comprendre le contexte. Il est essentiel en cette période compliquée de ne pas les traumatiser avec des images d’une rare violence. Par la même occasion, cela peut aussi aider les parents à décrocher un peu des informations qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux, qui sont bien trop souvent erronées et manquent cruellement de contexte. Cette même coordinatrice du quartier de portes de Fer témoigne de l’incroyable solidarité qu’il y a eu dimanche dernier, lorsque des parents du quartier ont sorti jeux, craies, trottinettes et cordes à sauter pour que leurs enfants vivent un moment normal, empreint d’humanité, et puissent passer un moment entre eux, loin des tracas des adultes. Des dessins ont été réalisés puis exposés à l’avant des barricades, pour être visibles de l’extérieur, et ramener un peu de légèreté dans ces moments sombres. Par ailleurs, à Ouémo aussi, des parents se réunissent pour dessiner sur des banderoles, affichant des messages de paix et d’amour.

Jocelin, un père inquiet, explique que « si on ne passe pas de temps avec eux en ce moment, ils ne vont pas comprendre, je fais tout mon possible pour lire des livres sur la paix avec eux. Par exemple, hier, on a lu l’histoire de Nelson Mandela, grâce à des livres prêtés par nos voisins, exprès pour les enfants. Ça a fait du bien à toute notre famille de sortir de ce contexte anxiogène ».

Rassurer et répondre à leurs préoccupations, et encourager les actions positives

Les enfants ont besoin de se sentir en sécurité. Dites-leur que vous êtes là pour les protéger et que beaucoup de personnes travaillent pour que tout redevienne normal. Utilisez l’humour quand c’est possible pour alléger l’atmosphère. Par exemple, si des hélicoptères passent, faites-en un jeu et regardez-les ensemble, comptez-les, dessinez-les.

Écoutez attentivement les questions de vos enfants et répondez en fonction de leur âge. Ne donnez pas trop de détails effrayants. Reformulez les termes complexes avec des mots simples. Par exemple, si un enfant demande ce que signifie « manifestation », vous pouvez dire que c’est quand les gens se réunissent pour montrer qu’ils ne sont pas contents, mais que la situation va s’améliorer. Parlez des efforts faits pour résoudre les problèmes et des personnes qui aident à améliorer la situation. Cela peut aider les enfants à se concentrer sur le positif et à se sentir moins inquiets.

« Dans l’attente d’une ligne directrice de l’enseignement »

Les écoles sont encore actuellement fermées, et leurs réouvertures se feront lorsque le calme sera revenu au sein de notre territoire. En revanche une question se pose, concernant la prise en charge des enfants une fois de retour sur leur chaise. « Il va falloir que les enseignants soient tous d’accord, et qu’une ligne directrice vienne de la direction de l’enseignement, pour prendre le temps nécessaire aux explications, et pour déconstruire les préjugés que les enfants peuvent avoir après tout ça. Mais on se doit de leur expliquer, on se doit de les rassurer, et surtout, de n’attiser aucune haine. Ils jouaient tout, toutes ethnies confondues, ensemble dans la cour de récré il y a deux semaines, il ne faut pas qu’ils se détestent en revenant sur les bancs de l’école », martèle la courageuse coordinatrice.

Expliquer la crise actuelle aux enfants demande de la patience et beaucoup de douceur. En répondant simplement à leurs questions, en limitant leur exposition aux images violentes, et en les rassurant, vous pouvez les aider à traverser cette période difficile avec moins d’anxiété. Montrez-leur qu’ils ne sont pas seuls et que beaucoup de gens travaillent pour que tout s’arrange, ensemble. « Si y’a pas toi, y’a pas moi »

Margaux Lorenzini

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