17 heures d’une visite primordiale

Quoi qu’on en pense et quoi qu’on en dise, la visite éclair d’Emmanuel Macron en Nouvelle-Calédonie aura été primordiale. Certes rien n’est encore réglé, mais des vérités ont été rappelées et un axe a été fixé.

Avant d’écouter et de décider, le chef de l’État a vu. Il a vu l’ampleur des destructions, lui confirmant qu’en l’espace de quelques jours, la Nouvelle-Calédonie avait basculé dans un état de guerre, et que sous les patins de l’hélicoptère dans lequel il survolait Nouméa et l’agglomération, il n’y avait que ruines et désolation.

Ensuite en effet, il y a écouté, et la rencontre qu’il l’a sans doute le plus perturbé, sinon choqué, c’est celle qu’il a eu avec la jeunesse calédonienne, tout du moins celle qui œuvre et qui jusqu’alors croyait en son avenir. Le président de la République a pris là, la mesure, non pas du traumatisme car même ce mot est faible, mais de ce que l’action de la CCAT et de ses soutiens a eu de catastrophique sur la population. Car les jeunes lui ont dit combien « le vivre ensemble », dont nous étions déjà encore très loin, avait été brisé, détruit, anéanti.

Il y a eu les discussions économiques, avec l’engagement fort de l’État de reconstruire et d’agir aux côtés de la Calédonie, pour tenter de rebâtir ce qui pourra l’être.

Et puis il y a eu les discussions politiques.

Ni report ni retrait

Sur ce point, on retient de cette visite de quelques heures, qu’Emmanuel Macron a rappelé les fondamentaux – et il était capital qu’il le fasse – à savoir que nous ne reviendrions pas en arrière, c’est-à-dire que les trois référendums avaient parlé et que personne ne s’exonèrerait de ses résultats. Ensuite il y a la question du dégel, mais sur ce point Emmanuel Macron éclaire bien les choses dans l’interview qu’il a accordé à La voix du Caillou et nos confrères calédoniens. Un dégel qui n’est ni reporté ni annulé, mais qui finira par s’appliquer si les partenaires locaux ne parviennent pas à un accord. Car une fois encore, et le chef de l’État l’a redit, l’avenir de la Nouvelle-Calédonie ne se fera pas sans accord.

Emmanuel Macron n’a ménagé ni les uns ni les autres lors de ces bilatérales. Les non-indépendantistes d’abord en regrettant que l’on n’ait pas préparé l’après-référendums, et les indépendantistes ensuite en posant précisément la question du nécessaire retour au calme et à l’ordre dont le qualificatif de républicain prend là tout son sens.

Retour au dialogue ?

C’est le point évidemment le plus délicat. Comment dialoguer avec ceux qui, même s’ils n’ont pas soutenu stricto sensu les violences, ne les ont pas non plus condamnées ni même tenté de les résorber ? La visite du Président de la République a permis à l’État de réaffirmer ses intentions, afin que les uns et les autres, et en particulier les indépendantistes, ne puissent pas dire n’être pas au courant ni d’avoir besoin de temps pour se concerter. Mais les conditions du dialogue sont désormais posées, mais il ne pourra s’établir que si chacun fait preuve de « bonne foi ». Au terme de tous ces jours de furie et avec un FLNKS qui fonctionne à hue et à dia, avec une CCAT et ses militants que les leaders du front ne savent plus gérer et/ou dont ils ont une peur bleue, ça ne sera pas chose facile d’engager le dialogue. Comme l’a souligné Sonia Backès invitée de RRB « ça n’est pas la Suisse et le Vatican qui négocient un accord de paix » ! A cela s’ajoute le fait que « le monde économique », réagissant aux propos d’Emmanuel Macon entend être associé aux discussions. Dans un communiqué conjoint la CCI, le Medef NC, la CAP NC, U2P, la CMA et la CPME précisent y voir là “une annonce fondamentale pour les acteurs économiques du territoire qui doivent, sans attendre, retrouver de la confiance et des perspectives d’avenir et se voir offrir la garantie d’une prise en compte de leurs propositions pour bâtir ce nouveau contrat qui devra impérativement tenir compte des besoins et des attentes du monde économique”.

Le chef de l’Etat a donné un mois à tous pour prendre leur responsabilité. On attend maintenant la ou les réactions des indépendantistes.

N.V

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