Ce qu’il faut retenir de la conférence de presse de Louis Le Franc et de Yannick Slamet

Après une nouvelle nuit difficile, même si elle a été « un peu moins violente que les précédentes », le Haut-commissaire Louis Le Franc et le porte-parole du gouvernement Yannick Slamet ont fait le point sur la situation après quatre jours d’émeutes.

Quatre décès mercredi

Si certaines rumeurs circulent sur les réseaux sociaux, Louis Le Franc a confirmé à l’heure actuelle que quatre personnes ont été tuées lors des émeutes survenues mercredi dans Nouméa et dans le Grand Nouméa. Dans le détail, on dénombre trois émeutiers et un gendarme. Concernant les civils, il s’agit d’un homme de 36 ans à Kaméré, ainsi que d’un homme de 20 ans et d’une jeune femme de 17 ans à Ducos, près de l’impasse Balard. Le gendarme, lui, a été blessé lors d’une intervention à Saint-Louis avant de décéder quelques heures plus tard à Plum. « Les auteurs de ces crimes, ce sont des assassins car il n’appartient pas à des groupes d’autodéfense de se livrer à cela. Ce sont des particuliers qui ont fait usage de leurs armes. Ces personnes, qui sont en fuite, on les retrouvera et la meilleure chose qu’elles puissent faire, c’est de se rendre », a détaillé Louis Le Franc, précisant que trois personnes étaient ainsi recherchées pour les faits de Kaméré, de Ducos et du Mont-Dore.

Par ailleurs, toujours selon les chiffres communiqués, le bilan s’établit à 49 militaires et 14 policiers blessés, majoritairement cibles de projectiles et de pierres dirigés vers leur tête.

De nombreuses maisons incendiées

« Les habitations qui sont menacées, qui sont incendiées, on ne les compte plus », déplore Louis Le Franc. « Je ne vais pas vous donner le nombre de maisons qui sont incendiées, il est incalculable », note-t-il encore. « C’est impressionnant de voir le nombre d’habitations, de locaux, de commerces, qui ont été littéralement pulvérisés par des incendies », souligne-t-il, après avoir survolé, la veille, l’agglomération du Grand Nouméa dans un hélicoptère de la gendarmerie.

Plus de 8000 émeutiers

Les forces de l’ordre sont confrontées à un très grand nombre de manifestants alors que, selon les chiffres communiqués par le haussariat, il y aurait « environ 5000 émeutiers » dans les trois communes du Grand Nouméa et « entre 3000 et 4000 émeutiers » dans Nouméa, principalement dans les quartiers de Kaméré, de la Vallée-du-Tir, de Porte-de-Fer et de Montravel.

Un réseau routier piégé

Le Haut-commissaire s’inquiète de l’état des « axes routiers principaux, et même secondaires, de l’agglomération du Grand Nouméa, qui sont des axes jalonnés par des barrages. Pas des petits barrages, des gros barrages, avec des voitures enflammées, avec des carcasses de voitures, et certains de ces barrages sont piégés, piégés avec des bouteilles de gaz et des systèmes d’allumage (…) Il y a une volonté de tuer. » Il faudra du temps, car beaucoup de précautions, pour enlever tous ces barrages.

Les milices appelées à lever les barrages

Dans les dernières vingt-quatre heures, il y a encore eu des affrontements entre jeunes militants indépendantistes et les forces de l’ordre à Nouméa et dans les trois communes autour. « Il y a aussi eu des confrontations entre des membres actifs de la Cellule de coordination des action de terrain et des groupes d’auto-défense, des milices, qui se sont constituées. » Les membres de ces milices agissent « sans doute pour se protéger mais on ne leur en demandait pas tant, certainement pas d’être armés, ce n’est pas leur métier, et dans tous les cas ils se mettent en situation d’infraction : j’ai interdit le transport d’arme, j’ai interdit le port d’arme, j’ai pris un arrêté de couvre-feu, ça concerne tout le monde », souligne Louis Le Franc. « Ceux qui se livrent à ces actions, ce sont des individus qui ne sont pas des professionnels du maintien de l’ordre, de l’ordre public. Et ce que peut faire l’un peut provoquer une réponse de l’autre, et c’est une spirale mortelle qui s’enclenche », rappelle le Haut-commissaire. « Le maintien de l’ordre, le rétablissement de l’ordre, précise-t-il, c’est une affaire de professionnels, c’est le travail des policiers et c’est le travail des gendarmes. » Ainsi, « s’il y a des milices qui se constituent, il faut que ceux qui sont à l’origine de la création de ces milices y mettent un terme » car « les conditions d’affrontement sont réunies et l’affrontement il est inéluctable ».

Vers un approvisionnement alimentaire et médical

Les rares magasins et stations-service encore ouverts sont généralement pris d’assaut par la population, engendrant de longues files d’attente. « Aujourd’hui, à la différence d’hier, c’est qu’on est dans un compte à rebours pour l’approvisionnement en médicaments et en produits alimentaires. Si ce n’est pas le cas, certains vont mourir », déplore Louis Le Franc. Ce jeudi, il y a 47 containeurs de produits alimentaires qui sont actuellement au port, alors que 56 autre containers de produits alimentaires et de médicaments doivent également arriver sur le territoire vendredi. « Ils seront prochainement acheminés dans les grandes surfaces qui n’ont pas été détruites », explique le Haussaire, qui pointe tout de même du doigt la difficulté d’acheminement des marchandises. « Du port aux différents centres commerciaux concernés, il va falloir organiser les convois et permettre que les axes soient libérés. Je demande à tous ceux qui ont mis en place ces barrages à s’en aller. C’est vital pour la population calédonienne », ajoute-t-il.

Les militaires déployés

Tout juste arrivés sur le Caillou, alors que l’état d’urgence a officiellement été décrété, les militaires étaient visibles dans les rues nouméennes ce jeudi. Ces derniers ont des consignes strictes alors qu’ils ont trois zones à protéger : le port autonome, l’aéroport de Tontouta et l’aéroport de Magenta.

Un couvre-feu étendu

Si le couvre-feu concernait exclusivement les communes de Nouméa, de Dumbéa, de Païta et du Mont-Dore, l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie est désormais concerné par ces mesures restrictives. Le couvre-feu, renouvelé « au jour le jour » par les services de l’Etat, sera une nouvelle fois d’actualité à partir de ce jeudi soir (18 heures) jusqu’à vendredi matin (6 heures).

Des dégâts colossaux

Difficile de faire, pour l’heure, un bilan précis du nombre de bâtiments et d’équipements détruits. Le bilan des dégâts devrait se compter en “centaines de millions d’euros”, c’est-à-dire “des dizaines de milliards de francs”, glisse le Haut-commissaire, précisant au passage que “l’usine Le Froid est détruite, il n’y a plus d’usine” : sur place, « l’incendie est éteint » et, heureusement, le scénario redouté ne s’est pas produit puisque « il n’y a pas eu d’explosion des deux cuves d’hydrogène », ce qui aurait pu tout détruire dans un rayon de 300 mètres.

Claire Gaveau et Anthony Fillet

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