Pleure, ô pays bien-aimé *

L’accord de Nouméa ou ce qu’il en subsistait a pris fin ce lundi 13 mai dans les incendies, les pillages, les coups de feu et les cocktails-molotov.

Examinons donc la situation ainsi créée, au sortir de cette nuit kanak de cristal, où pillages et destructions étaient le mot d’ordre. Une jeunesse saoûle, cannabisée, instrumentalisée, ainsi que des hordes militantes ont ruiné 35 ans de paix et de développement, et mis la Nouvelle-Calédonie au pied du mur puisque maintenant une seule question se pose: de quoi pourrions-nous bien dialoguer ?

Le Président de la République convie les délégations calédoniennes à Paris, voulant encore laisser une chance à la négociation. Mais d’une part, les indépendantistes se rendront-ils à l’invitation (on peut en douter) et d’autre part, pour négocier et discuter de quoi quand la démocratie est ainsi bafouée, sur une part du territoire français ? Mais la démocratie, on a fini enfin par le comprendre, ne fait pas partie des options de l’indépendance kanak et socialiste. Les ruines encore fumantes des entreprises détruites et pillées nous ont offert un spectacle d’épouvante, nous qui pensions ne jamais revivre les malheurs des années de cendre. Alors oui, l’accord de Nouméa, ou tout du moins ce qu’il en restait et dont les négociateurs ont fichtrement bien mal pensé la sortie, vient de s’achever. Bien malin celui qui nous dira ce qu’il convient de faire, maintenant que l’on sait que du destin commun il ne reste pas grand-chose.

La colère face aux faiseurs de violences, à leur haine et leur racisme, la tristesse de ce qui s’est passé et la honte de ce que nous en sommes arrivés là. C’est donc ce qu’il nous resterait ? Ça devient difficile d’imaginer que l’on parvienne à un accord global, sauf à ce que, dressant le bilan des actions du monstre CCAT qu’ils ont créé, les indépendantistes comprennent enfin les dangers qu’ils prennent à nous conduire ainsi vers le point de non-retour.

Au lendemain de ce 13 mai, nouvelle pierre noire dans une histoire calédonienne si sombre, il ne nous reste que nos yeux pour pleurer. Nous pleurons de ce que les espoirs que nous avions mis dans la concorde et le dialogue, se soient fracassés contre les idéologies les plus radicales, les plus obtuses et les plus démentes. L’avenir que nous devons construire sur les incendies et les ruines du 13 mai, s’annonce bien fragile.

Nicolas Vignoles

* Pleure, ô pays bien aimé (Cry, the Beloved Country) est un roman de l’écrivain sud-
africain Alan Paton publié en 1948

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