Entre « guérilla urbaine » et « nuit d’horreur », les réactions des politiques

Les politiques non-indépendantistes n’ont pas tardé à dénoncer les scènes de « guérilla urbaine » qui ont paralysé la Calédonie dans la nuit de lundi à mardi.

Alors que l’Assemblée nationale examine encore le projet de réforme constitutionnelle, la Calédonie s’est embrasée dans la nuit de lundi à mardi. Sur les réseaux sociaux, chaque seconde ou presque, une nouvelle vidéo apparaissait avec des magasins pillés ou brûlés, des automobilistes attaqués… Sonia Backes, Virginie Ruffenach, Christopher Gygès, Philippe Blaise… Les réactions ne se sont pas fait attendre alors que la ville de Nouméa, comme ses voisines, s’est réveillée dans le chaos.

Christopher Gygès : « Le 13 mai restera gravé à jamais »

« Le 13 mai 2024 restera gravé à jamais comme une nuit d’horreur pour les Calédoniens. Ce qui s’est passé n’est pas la défende s’une idéologie politique. Ce sont des actes de terrorisme et des tentatives de meurtre », avance Christopher Gygès, membre du gouvernement. « Les mots sont bien peu choses mais nous devons tous être aux côtés de ceux qui ont perdu cette nuit le travail d’une vie. Cette solidarité doit au plus vite se mettre en place », a-t-il poursuivi, saluant le travail des forces de l’ordre, des pompiers et des soignants « qui ont fait de leur mieux pour protéger les Calédoniens ». Avant d’appeler la justice à faire son travail : « Ces criminels et leurs organisateurs n’ont pas fait que brûler la ville, ils ont aussi brûlé trente ans de notre histoire. »

Virginie Ruffenach : « Une violence minable »

Alors que la motion de rejet du texte a été rejetée par la majorité à l’Assemblée nationale (174 voix contre, 79 voix pour), Virginie Ruffenach estime que cela « confirme la volonté que la Nouvelle-Calédonie reste un territoire démocratique ». « Cela s’oppose à la violence indigne dont un grand nombre de Calédoniens ont été victimes cette nuit. Une violence minable qui pille, détruit, brûle une Nouvelle-Calédonie que nos anciens de toutes origines, ont construite et développée à la sueur de leur front avec patience et abnégation », a-t-elle écrit sur Facebook. « Toutes mes pensées vont précisément aux Calédoniens qui ont eu à subir ces exactions et j’ai de la peine pour chacun d’entre eux, surtout quand il s’agit de personnes vulnérables, personnes âgées, enfants ou encore de chefs d’entreprises et de salariés dont l’outil de travail a été saccagé, a-t-elle poursuivi. Enfin, aux auteurs de tels actes je veux dire que c’est leur propre pays qu’ils cassent ! Notre pays ! C’est facile de casser ! Construire c’est autre chose ! Aujourd’hui, cette violence les dessert et dessert la Calédonie et surtout elle n’empêchera pas l’avancée de la démocratie pour notre pays. »

Sonia Backes : une « guérilla urbaine »

Pour Sonia Backes, la présidente de la province Sud, « une partie des indépendantistes a transformé son combat politique en guérilla urbaine en instrumentalisant des gamins qui mettent le feu à Nouméa ». « Les forces de l’ordre interviennent partout et des renforts continuent d’arriver pour défendre les Calédoniens face à cette violence sans limite. Je les remercie de nous protéger au risque de leur vie. Je demande aux Calédoniens de rester chez eux, de prendre des nouvelles de leurs proches, de prévenir la police en cas de danger, et de ne pas se faire justice eux-mêmes », a-t-elle posté sur Facebook, avant de publier un message audio de plus de trois minutes.

Philippe Blaise : « Une vague terroriste de destructions »

Philippe Blaise, vice-président de la province Sud, s’est montré très virulent sur les réseaux sociaux alors que « la CCAT a déclenché une vague terroriste de destructions, incendies, pillages, caillassages dans tout le grand Nouméa, opérés principalement par des jeunes encadrés par des délinquants habituels ». « De nombreux commerces ont été pillés et incendiés par ces voyous agissant sur instruction des meneurs de la CCAT, dans le but de faire dérailler le dégel du corps électoral (…) Ces actions terroristes nous confortent dans l’idée que le combat mené par la CCAT n’est pas un combat pour la justice, la paix ou la défense du peuple, mais une lutte par tous les moyens pour asservir les Calédoniens. Ce soir ce qui s’est passé ne peut que renforcer notre détermination à nous battre pour faire triompher la démocratie et la liberté contre ses ennemis », a-t-il écrit dès lundi soir. Avant d’appeler, ce mardi, à sécuriser différentes zones. « Je recommande très fortement aux habitants des quartiers de profiter de la journée et du répit relatif pour s’organiser entre voisins, à chaque fois que cela est possible, pour être en mesure de sécuriser solidairement leurs rues ce soir. Les forces de l’ordre étant mobilisées sur les points chauds elles ne peuvent pas intervenir partout. Chaque rue sécurisée allègera leur travail », a-t-il poursuivi.

Georges Naturel : “J’appelle les Calédoniens à l’apaisement des esprits”

“Depuis quelques jours, la Nouvelle-Calédonie connaît une montée inacceptable de la violence. Mais cette nuit a été l’objet d’une guérilla urbaine sans précédent dans les communes du Grand Nouméa. Je voudrais, avec la plus grande fermeté, condamner ces exactions et cette violence intolérables avec des atteintes graves aux personnes et aux biens”, a d’abord écrit le sénateur Georges Naturel dans un communiqué, tout en rendant hommage aux forces de l’ordre, aux gendarmes, aux policiers nationaux et municipaux, aux pompiers. “J’assure également la population calédonienne, qui vit ces instants avec angoisse et inquiétude, de toute ma solidarité. La situation est grave. J’appelle les Calédoniens à l’apaisement des esprits, car seule la paix civile permettra un nouvel accord”, poursuit-il, en demandant “aux responsables politiques indépendantistes d’en faire autant, ce qui n’est malheureusement pas le cas à cette heure”. “Aucune violence, aucune lutte armée n’est tolérable en démocratie”, ajoute-t-il.

Eddie Lecourieux : « Nous devons faire confiance aux forces de l’ordre et à l’État »

Eddie Lecourieux, le maire du Mont-Dore, appelle les habitants de sa commune à protéger leur personne, leur famille et leurs biens dans cette période troublée, en faisant preuve des plus grandes précautions. « Nous devons avec l’aide des forces de l’ordre mettre en place des moyens efficaces pour la santé. La population doit pouvoir se soigner et réaliser des rendez-vous médicaux qui sont parfois attendus depuis plusieurs mois » a précisé Eddie Lecourieux, contacté par La voix du Caillou. « J’appelle la population à la prudence et à la patience. Je comprends que des propriétaires s’organisent pour protéger leurs biens. C’est déstabilisant et rageant de voir des manifestants, pour la plupart des enfants, tout casser sans pouvoir réagir. La population est partagée entre attendre ou se donner les moyens de protéger elle-même ses biens, et je le comprends. Mais nous devons faire confiance aux forces de l’ordre et à l’État qui a la charge de cette situation insurrectionnelle pour protéger les populations », a-t-il ajouté. Le point de rupture pour un basculement dans une violence plus grande est fragile selon le magistrat, « d’autant plus que de grandes quantités d’alcool ont été volées et qu’il y a de nombreuses provocations ».

Gérard Piolet : « Rassurer les habitants »

Gérard Piolet, le premier adjoint au maire de la ville de Dumbéa, a lancé un appel au calme, alors que la situation dans la commune devient de plus en plus compliquée. « Nous voulons assurer la sécurité de nos administrés et protéger les biens matériels. Nous multiplions les appels pour rassurer les habitants et les inviter à éviter toute confrontation », explique-t-il, contacté par La voix du Caillou. Des dégradations ont été constatées dans la ville, notamment sur le mobilier urbain, avec « le pillage du Leader Price d’Auteuil et l’incendie d’un dock dans la même zone. Huit caméras de la ville ont été détruites, des commerces ont été cambriolés principalement pour voler de l’alcool, et deux écoles ont été visitées sans subir de gros dégâts. Des feux de brousse, de véhicules et de poubelles ont également été signalés, principalement dans la zone de Dumbéa-sur-Mer », liste-t-il. Gérard Piolet déplore également la présence de nombreux jeunes, très organisés, tandis que la CCAT semble dépassée par la situation. « Nous attendons avec impatience l’intervention des forces de l’ordre pour rétablir le calme et la paix dans la commune », conclut-il.

Claire Gaveau

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