Louis Mapou est le héros du Désert des tartares, attendant un pacte qui ne vient jamais. Il est aussi Sœur Anne qui ne voit rien venir, et surtout pas le pacte. Hier pourtant, le président du gouvernement n’a pas manqué d’un certain panache, faisant preuve d’une hauteur de vue dont sont parfois dénués nombre de responsables. Affichant ses convictions indépendantistes, Louis Mapou a rappelé hier aux élus, notamment ceux de son camp, que les réalités imposent parfois de laisser par terre les idéologies et que, sans rien renier de ses luttes, il convient aussi de savoir se battre pour l’intérêt général, notamment celui des milliers de familles qui vivent par le nickel. Las, la sincérité dont a fait preuve le président du gouvernement n’a pas empêché qu’une majorité, visiblement sourde à ses arguments même les plus péremptoires, renvoie le pacte nickel à ce qui va bientôt s’apparenter aux calendes grecques. Mais le discours hier de Louis Mapou, avec toute la force de l’honnêteté, forçait le respect. Et tout le monde en était d’ailleurs bien convaincu, que cette prise de parole aura été religieusement écoutée dans un silence qui ne pouvait être que de cathédrale.
Nicolas Vignoles



