C’est en partant de cette volonté qu’en début de semaine, Pierre-Chanel Tutugoro a déposé au Congrès un vœu, celui de voir la Calédonie pousser pour la création d’une Organisation des pays exportateurs de nickel, laquelle serait appelée Open.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a été créée en 1960 et regroupe aujourd’hui treize pays. Elle les aide à avoir du poids dans leurs discussions avec les sociétés pétrolières : maîtrisant la production, les États concernés peuvent imposer leurs prix, plutôt que de subir les fluctuations du marché.
Et si on faisait la même chose pour le nickel ? Après une année noire (un cours en baisse de 40%) et avec des perspectives bouchées (les trois usines sur le Caillou ont leurs comptes dans le rouge), le groupe politique UC-FLNKS et Nationalistes y est favorable. L’ambition de l’Open est claire : « promouvoir la stabilité des prix et la sécurité des marchés ». Dans le détail, il est listé plusieurs objectifs. Parmi ceux-ci, il y a le fait de « s’entendre sur les volumes produits et les prix du nickel », le fait d’avoir à l’avenir « une concurrence loyale » avec « des normes de protection sociale » qui soient similaires entre les pays, ou encore le fait « de négocier des politiques et des accords ». Autre espoir : « promouvoir l’innovation et la recherche sur le nickel », poursuit le groupe indépendantiste.
Avec la France
« L’idée n’est pas nouvelle, puisqu’en 2013 déjà , une délégation conduite par le président du Congrès, Roch Wamytan, et le vice-président du gouvernement de l’époque, Gilbert Tyuienon, s’étaient rendus en Indonésie afin de poser les fondements de futures relations bilatérales. L’offre avait alors suscité un vif intérêt des interlocuteurs du gouvernement de Jakarta, prêts à ouvrir des discussions », continue le groupe UC-FLNKS et Nationalistes, citant ensuite une interview du ministre indonésien de l’investissement, donnée au Financial Times il y a un an et demi, dans laquelle il « évoquait encore l’idée de créer une structure de gouvernement similaire à l’Opep ». Qui y aurait-il dans l’Open ? « Calédonie, Indonésie et Philippines », répond Pierre-Chanel Tutugoro, toutefois « ouvert à tout le monde ». Il ne faudrait en effet pas oublier l’Australie ou encore le Canada. Quand pourrait émerger cette structure ? « Pas avant la fin de l’année », tempère l’élu. « Mais on n’attendra pas 2030 ! » Conclure l’affaire (et donc convaincre le leader du marché, l’Indonésie, avec dans son ombre la Chine) ne sera pas chose aisée. Un immense travail diplomatique doit être fait. Peut-il être réalisé sans le soutien de la France ? « Non », tranche Pierre-Chanel Tutugoro.
Anthony Fillet



