Lundi matin dans l’émission « Vous avez un avis » sur RRB, un auditeur a expliqué combien il avait été choqué par la publication dans La voix du Caillou, samedi, d’un article sur les actions menées par le collectif « Collage de Mass ». Chacun ayant heureusement le droit d’exprimer ses opinions, loin de nous l’idée de contester à cet auditeur le droit de donner son avis (argumenté en plusieurs points), y compris si nous ne le partageons pas (« Monsieur l’abbé », écrivait Voltaire à l’abbé Le Riche, « je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire »). Ce qui nous a paru choquant en revanche, c’est qu’au sujet de ce collectif, dont on peut en effet ne pas approuver ni partager la méthode et les messages, cet auditeur ait parlé « des bonnes femmes ». Ce n’est certainement pas participer à la juste cause des femmes, notamment en Nouvelle-Calédonie, pays des violences intra-familiales, que d’user dans ce contexte d’un tel qualificatif. Il n’y a pas de graduation dans ce que subisse tant de femmes au quotidien, et les mots que l’on utilise à leur endroit ont un poids, une résonance, un impact. Il serait bon d’en convenir. En parlant ainsi, il a commis une partie de ce qu’il leur reproche : un coupable abus de langage.
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