Jacques Lalié condamné à du sursis et à une suspension de permis pour avoir renversé un piéton à Nouméa

Le président des îles Loyauté, à qui il était reproché des blessures involontaires sous l’empire d’un état alcoolique le 28 septembre dernier, a accepté la peine proposée par le parquet en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Si cette condamnation ne figurera pas à son casier judiciaire, Jacques Lalié a fustigé « l’appareil d’État ».

Il n’a plus le droit de prendre le volant pour les trois prochains mois. Selon nos informations, Jacques Lalié a été reconnu coupable, lundi matin, du délit de « blessures involontaires par conducteur sous l’empire d’un état alcoolique », et condamné dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). La procédure, qui permet de juger rapidement l’auteur d’une infraction qui reconnaît sa culpabilité, est ainsi faite que le président de la province des îles Loyauté a été, dans un premier temps, convoqué à un entretien avec le procureur de la République Yves Dupas qui lui a proposé la peine de quatre mois de prison avec sursis, une suspension du permis de conduire de trois mois ainsi que l’exclusion de la mention de la condamnation à son bulletin n°2 du casier judiciaire. Le 28 septembre dernier, le responsable politique de l’Union Calédonienne (UC), âgé de 69 ans, avait renversé au volant de son véhicule un homme qui traversait sur le passage piéton au niveau du siège de l’USTKE, à la Vallée-du-Tir (Nouméa). « Je partais manger à la Vallée-du-Tir et au moment de traverser, alors que le feu était au vert pour les piétons, j’ai été renversé », avait témoigné, à l’époque, la victime qui avait été prise en charge aux urgences pour des blessures aux jambes (ITT de deux jours).

Soumis au dépistage de l’imprégnation alcoolique (DIA) par les policiers avant d’être conduit au commissariat central où il avait également été invité à souffler dans un éthylomètre, Jacques Lalié présentait un taux d’alcoolémie de 0,30 milligramme par litre d’air expiré (soit 0,60 gramme d’alcool dans le sang). Un taux contraventionnel et non délictuel pour lequel il risquait une contravention de 4e classe. Mais les blessures de la victime ont automatiquement entraîné les poursuites judiciaires vers le délit de « blessures involontaires », lui faisant encourir une peine de trois ans d’emprisonnement et une amende de cinq millions de francs.

« Je ne suis pas un assassin »

Accompagné de son avocate Me Nadine Pidjot, Jacques Lalié a accepté la peine proposée par le procureur de la République. Une heure plus tard, il a pris place dans le bureau du président Emmanuel Abentin chargé d’homologuer la sanction. A la question du magistrat, le président de province a répondu qu’il « reconnaissait » les faits, affirmant que c’était « involontaire. Je ne suis pas un assassin ». Son avocate Me Pidjot a indiqué avoir « évoqué la situation politique » de son client avec le procureur. « Jacques Lalié est président de province, la suspension de permis apporte des difficultés. Oui, il peut marcher à pied, oui il peut prendre un chauffeur mais il ne l’a jamais fait », a-t-elle commenté.

Invité à réagir, l’avocat de la partie civile Me Maxime Guérin-Fleury a demandé au président que soit ordonné une expertise médicale car « l’hématome sur la cuisse » de la victime « s’est agrandi » depuis l’examen médical pratiqué juste après les faits. « Les douleurs et la gêne sont importantes. L’ITT a été sous-estimée et n’est pas représentative de l’état de santé de mon client. Les soins chez le kiné ont été prolongés et viennent seulement de se terminer », a constaté Me Guérin-Fleury qui craint « un déficit fonctionnel permanent. Il faut une vision claire et objective des blessures avec une expertise médicale ».

Si la peine a bien été homologuée, le magistrat a renvoyé le dossier sur intérêts civils au 22 avril 2024.

« C’est pour m’affaiblir »

Interrogé au sortir de l’audience, Jacques Lalié a dénoncé « l’appareil d’État » français. « J’aurai dû avoir une contravention. C’est pour m’affaiblir », a-t-il réagi, affirmant qu’il n’avait pas consommé d’alcool le jour des faits « mais la vieille ». Le responsable politique a également regretté « le manque de prise en compte de mon statut de président d’exécutif » avant d’ironiser : « je vais demander à l’État de me payer un chauffeur à Lifou, Maré, Ouvéa, et peut-être Tiga ».

Reparti du Palais de justice avec son véhicule, il doit désormais rendre son permis de conduire au bureau de l’exécution des peines.

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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