Les liaisons maritimes vers les îles font des vagues

Jacques Lalié, le président de la province des Iles (PIL) n’en fait plus mystère. Il cherche des solutions pour remplacer le service public de desserte maritime des îles, par un partenariat public-privé. Une initiative qui crée des remous.

La province des Îles est pour ainsi dire au pied du mur. Le Betico 2, le navire de la Sudiles, qui assure depuis plus de 15 ans le transport public des passagers entre Nouméa, les îles Loyauté et l’île des Pins, affiche un état de vétusté avancé. L’institution cherche des solutions pour assurer ces liaisons maritimes. Or son bras économique, la Société de développement des îles Loyauté (SODIL), s’avère être dans une impasse budgétaire. C’est donc vers un « partenariat avec des privés tels que la CMI » que la présidence de la PIL souhaite s’orienter. « C’est un changement de modèle, confirme Jacques Lalié. D’abord, on est sur un secteur que la Nouvelle-Calédonie aurait dû assumer et qu’elle n’assume pas dans ses compétences, et deuxièmement, c’est un gouffre financier de nous maintenir. C’est d’ailleurs un peu la problématique de beaucoup de sociétés de la SODIL. J’essaie de les libérer. Financièrement, il faut trouver des solutions, car on ne peut pas continuer ainsi ».

Une privatisation partielle

De son côté, la Compagnie Maritime des Îles nourrit un projet depuis plusieurs années, sur le point d’aboutir : elle s’apprête à lancer la construction d’un ferry mixte de transport de fret et de passagers, le Havannah 2, qui desservira les îles Loyauté d’ici fin 2025. La société envisage par ailleurs de se doter d’un navire à grande vitesse pour assurer la liaison avec l’île des Pins. « La CMI avait déjà ce projet, on a discuté avec eux, précise Jacques Lalié. Je m’investis politiquement avec eux car ça peut rendre service à la province des Îles ». Et le président de la PIL de préciser dans un communiqué : « Contrairement à l’idée que la privatisation équivaudrait à un désengagement de la province, une participation publique est possible ». Il est en effet prévu que la SODIL rentre à hauteur de 27% dans le capital de la New Shipping Company (NSC), exploitante de ces navires, qui comportera notamment l’actuelle CMI.

Dissensions internes

Or, au sein de l’assemblée provinciale, ce projet de partenariat public-privé ne fait pas l’unanimité. Sept élus de la PIL ont ainsi contesté dans un courrier en date du 22 janvier les intentions du président. Ils soulignent que « ni l’assemblée de province, ni le CA Sodil ont donné leurs accords sur la privatisation de la desserte maritime dans les conditions de ce partenariat avec la CMI. » Une opposition que dénonce Jacques Lalié : « Je rappelle que trois de ces élus siègent au Conseil d’Administration de la SODIL, leur conférant une connaissance approfondie des difficultés auxquelles nous faisons face ». Il en appelle donc à leur « responsabilité » et précise « rester ouvert au dialogue » pour « trouver des solutions viables et pérennes pour assurer la continuité territoriale du service public pour les îles ».

Beryl Ziegler

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