Des ailes de kite à la rescousse des navires

Beyond The Sea, entreprise créée par le navigateur français Yves Parlier, a lancé deux ailes de kite pour apporter une sécurité supplémentaire aux skippers et travailler sur la décarbonisation du milieu maritime. La Calédonienne Selma Nemouchi, juriste de formation, y travaille.

Lors de la 9e édition du Vendée Globe, en 2020, environ un tiers des skippers engagés avait opté pour une vaste aile de kite à bord. Cette année, cinq des six participants à l’Arkea Ultim Challenge ont fait pareil. Une manière d’avancer, quoiqu’il arrive. Contrairement à ce qui était arrivé à Yves Parlier, vingt ans plus tôt (lire en bas de page). En 2014, le Français, qui avait encore son démâtage en tête, crée alors l’entreprise Beyond The Sea, où il développe deux produits : le LibertyKite et le SeaKite.

Le LibertyKite, d’une couleur orange, est « une aile à caisson auto stable » davantage destinée « au grand public, à la plaisance ». « Si tu as un bateau, que tu vas au reef ou à la pêche, ça peut être une sécurité supplémentaire », détaille Selma Nemouchi, qui assure une certaine facilité d’utilisation pour les propriétaires de bateau, qu’ils soient fin connaisseurs ou simples passionnés du lagon calédonien. Avec des tailles variant de 10 m² à 80m² à l’heure actuelle, des bateaux de 4 mètres de long mais aussi de 20 mètres de long (et bientôt 40 mètres) peuvent ainsi être tractés à la seule force du vent. « Il y déjà 170 à 200 bateaux équipés dans le monde », ajoute-t-elle, évoquant un « vrai marché au Maroc par exemple ». Le tout à un tarif raisonnable alors que les ailes de 10m² sont affichées à 1490 euros (178000 francs) par exemple.

Une baisse des émissions de CO2

Le SeaKite, de couleur bleu ce coup-ci, se tourne davantage vers la marine marchande avec « les porte-conteneurs, les Vraquiers, les remorqueurs ». L’enjeu est tout autre. « Là, on parle de performance et de réduction de la consommation. On veut vraiment essayer de décarboner le transport maritime. Cela permet de réduire de 20% les émissions de CO2 », détaille-t-elle. Un marché « énorme » alors que ce système, qui est automatisé (contrairement au LibertyKite), propose des ailes allant de 25m² à 100 m², avant la mise en place desailes  de 200 et 400 m² à l’avenir. Dans les dix ans, l’entreprise espère avoir ainsi « 30 000 bateaux rétrofités ».


Yves Parlier, l’ingénieur des mers (Photos Beyond The Sea)

Le lancement de l’entreprise Beyond The Sea a notamment fleuri dans l’esprit d’Yves Parlier lors d’un Vendée Globe. On est alors en 2000. Le 5 novembre, deux ans après un accident de parapente, le Français est de retour sur la ligne de départ, à bord de son propre bateau, Aquitaine Innovations, pour réaliser son rêve et remporter l’Everest des Mers. « La course démarre pour le mieux pour le navigateur, il descend l’océan Atlantique, il est en tête de la course pendant plusieurs jours. Durant la troisième semaine de course, au large des îles Kerguelen, il évolue dans un fort coup de vent qui lui permet d’aller très vite. Au bout de quelques miles, son bateau laisse apparaître des signes de faiblesses. Toujours propulsé par un vent très fort et sur une mer déchaînée, le bateau se plante brusquement dans une grosse vague », peut-on lire sur le site Internet de l’entreprise. Résultat : un démâtage au milieu de l’océan Indien. Pas question, cependant, d’abandonner. Yves Parlier fait cap sur la baie de l’île Stewart pour les réparations. « Il n’avait pas le droit à l’assistance et il s’est dit que s’il avait eu un kite, il aurait pu continuer son parcours sans s’arrêter », raconte de son côté Selma Nemouchi. A l’arrêt, il imagine de nombreuses solutions et finit par adopter une solution qui consiste à confectionner un manchon en carbone. Il mettra dix jours avant de repartir avec un mât de 18 mètres au lieu de 27 mètres. Parfois au bord de l’abandon, Yves Parlier arrive finalement aux Sables d’Olonne le 16 mars 2001 après 126 jours, 23 heures et 16 minutes. Une histoire qui aura finalement construit encore un peu plus sa légende et imposer son surnom, « l’ingénieur des mers ».

Claire Gaveau

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