L’hémicycle du boulevard Vauban est le lieu du débat. Il y a des interventions longues, voire très longues et la longueur n’est pas gage de qualité. Il y en a des brèves, des pertinentes, des audacieuses, des intéressantes et des ennuyeuses. La liberté d’expression, dans le respect de ses collègues et du règlement intérieur, y est totale. Mais il y aussi des dérapages, qui entrainent aussitôt bronca et indignations, suscitant de nouvelles prises de parole et parfois le débat se prolonge. Aussi, lorsque l’on prend la parole au Congrès, vaut mieux savoir à l’avance ce que l’on va dire (et ça n’est pas toujours le cas) et comment on va le dire. C’est ce à quoi hier aurait dû songer une élue, siégeant hors groupes politiques, à l’occasion du débat autour de l’avenir de l’enseignement privé de l’ASEE. Elle a eu en effet une phrase malheureuse, sans doute parce que mal exprimée, par laquelle elle laissait entendre que les élèves sortis de l’enseignement public étaient des « déchets ». Inutile de dire que la levée de boucliers a transcendé les courants politiques et les bancs de l’assemblée, pour dénoncer ces propos, faisant même hésiter la 1ère vice-présidente du Congrès qui dirigeait les travaux, à redonner la parole par la suite à l’élue incriminée. Tourner les mots sept fois dans sa bouche avant de les prononcer, est un conseil que les élus devraient suivre parfois. Faire attention à ce que l’on dit, c’est mieux !
Nicolas Vignoles




