Voilà un fait divers, un de plus, un de trop, qui a fait frissonner la Calédonie hier. On ne parle pas du requin vu, et finalement plus revu, samedi soir à l’Anse-Vata. On ne parle pas, non plus, du septuagénaire victime d’un malaise brutal alors qu’il était au volant samedi soir au Mont-Dore. Etant donné les circonstances, il ne sera probablement pas comptabilisé comme le 50e mort sur les routes du Caillou cette année. Prions, au passage, pour qu’on n’atteigne pas cette triste barre symbolique. Il reste vingt jours à tenir. Si le territoire a eu froid dans le dos, ce n’est pas en apprenant que deux femmes ont été violemment frappées samedi soir à Dumbéa par leur compagnon respectif : tristement banal ici, même si toujours horrible. On ne parle pas, également, des incendies qui ont sévi durant le week-end, par vent fort, notamment dans le Nord, menaçant des habitations à Ouégoa. On parle plutôt de ce coup de fusil involontaire à l’issue tragique, survenu au bout d’une partie de chasse hier matin à Thio, quand un père a ôté la vie à sa fille, puis foncé en voiture à la recherche de secours, pour finalement en trouver, sans que cela débouche autrement que sur une conclusion malheureuse. Il y a des armes partout en Calédonie. Trop d’armes, assurément. L’actualité est venue le rappeler : avec ce genre d’objet à portée de main, le danger n’est jamais loin. Pas seulement pour les cerfs et les roussettes.
Anthony Fillet




