Rencontre avec… Willy Gatuhau

Avec le maire de Païta, nous avons fait le point sur sa commune, ses difficultés, comme ses attentes.

Comment va Païta ?

Willy Gatuhau : Païta va bien, si l’on prend en référence le contexte budgétaire très compliqué, mais tout est question de gestion et de responsabilité. C’est compliqué, mais oui on peut dire que Païta va bien.

Il est beaucoup question des communes en ce moment, en disant qu’il va falloir leur trouver une place dans le futur statut de la Nouvelle-Calédonie. Est-ce un avis que vous partagez ?

WG : Oui, on en parle un peu plus qu’avant. Et je fais partie de ceux qui en parlent. Avant que les Calédoniens soient des citoyens de la Nouvelle-Calédonie, et des administrés des provinces, ils sont d’abord des habitants des communes. Je parle souvent de « la vraie vie », et les maires sont les premiers en ligne au quotidien. On touche du doigt les difficultés des Calédoniens. Je le dis souvent, dans une commune, le maire est responsable de tous les maux de la société, c’est le maire que l’on va voir, c’est celui que les Calédoniens vont voir en premier dès qu’il y a une difficulté. Alors entendre la voix des communes dans les discussions en cours est une bonne chose et j’espère qu’elles seront entendues.

Comment les communes, et Païta qui est l’une des plus importantes, vivent cette situation financière et budgétaire difficile ?

WG : L’essentiel des recettes des communes vient de la fiscalité de la Nouvelle-Calédonie. Quand la Calédonie va mal, comme c’est le cas en ce moment, la fiscalité est en baisse et la confiance est absente, donc il y a moins de moyens pour les communes. Il y a le dispositif du FIP Fonctionnement (ndlr : Fonds Intercommunal de Péréquation), qui pèse pour 16 à 18% de redistribution fiscale aux communes, et qui répondent à un certain nombre de critères. Dès lors que ces critères ne sont plus respectés, notamment celui de la démographie, ça ne va plus. Entre 2014 et 2019, Païta a connu la deuxième croissance démographique de France, 19,6% de population en plus, mais dans le même temps les recettes ont baissé. Il y a donc un effet ciseaux qui met la commune en difficulté. En termes de fonctionnement, la commune de Païta perd 150 millions par an.

Dans ces conditions, comment monter des projets ?

WG : Ce que je souhaiterais, c’est une révision, voire une sanctuarisation du dispositif du FIP, et de sa répartition. Il y a ce que l’on appelle « l’effet cliquet », qui fait qu’une commune ne peut pas toucher moins que ce qu’elle a reçu l’année précédente, même si celle-ci a perdu de la population. C’est ce qui met en difficulté les communes en plein développement, notamment démographique. Or les quatre communes de l’agglomération accueillent 3 Calédoniens sur 4, c’est énorme. Je comprends que les communes ont besoin d’un maintien de leur fiscalité, mais cela se fait au détriment des communes en plein développement économique et démographique. Il faut donc absolument garantir aux communes de l’agglomération le respect des critères d’attribution du FIP fonctionnement. Ces critères sont la démographie, la population scolaire et les routes municipales. Mais le gâteau ayant réduit en volume, les parts sont de plus en plus petites, et ça ne c’est plus possible, car les Calédoniens vivent d’abord dans les communes de l’agglo.

Quel est le poids de l’insécurité à Païta ?

WG : Dès lors que l’on ne peut pas mettre un gendarme ou un policier municipal devant chaque porte, c’est compliqué. Il faut travailler en profondeur et de manière collective sur le fait d’articuler au mieux la prévention et la répression. N’ayons pas peur des mots, l’un ne va pas sans l’autre. Il y a encore beaucoup à faire en termes de prévention, et il faut nous interroger sur les politiques publiques en la matière. Je ne dis pas que rien n’est fait, à Païta la politique jeunesse qui comprend un volet lutte contre la délinquance, représente 500 millions par an. C’est énorme. Mais on pourrait doubler ce budget, on ne pourrait pas être plus efficace, car nous ne remplaçons pas la responsabilité de la communauté éducative et surtout des parents. Je ne stigmatise pas les parents, mais c’est une réalité aujourd’hui. Personne ne nait délinquant, on le devient. Il y a donc une vraie responsabilité des parents. Un cas concret : comment des parents ne s’inquiètent-ils pas alors que leur enfant de 9 ans traine en ville à 1h00 du matin ? Mais la délinquance commence par les incivilités. Et quand un adulte achète de l’alcool pour des mineurs qui attendent dehors du magasin, toutes ces incivilités sont le début de la délinquance.

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