Rencontre avec… Philippe Vigier

Trois jours à peine après sa nomination en tant que ministre délégué aux Outre-mer, Philippe Vigier, qui succède ainsi à Jean-François Carenco, a posé le pied en Nouvelle-Calédonie pour son premier déplacement officiel aux côtés notamment d’Emmanuel Macron et Gérald Darmanin.

C’est votre premier déplacement officiel en tant que ministre délégué…

P. V. : J’ai accompagné le président de la République et le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer pour cette visite très importante que le chef de l’Etat a souhaité faire cinq ans après être venu en 2018. Ce jeudi matin, c’est une très belle symbolique puisque j’ai la chance d’être avec le président du Comité d’organisation de la Coupe du monde de rugby. Nous sommes venus voir tous ces jeunes. C’est merveilleux de voir qu’il y a dix-neuf écoles de rugby ici en Calédonie. Le sport, c’est un facteur d’intégration formidable, c’est quelque chose qui permet de faire progresser les valeurs, au travers du respect, de l’engagement de soi, de l’épanouissement de chacun. Voir ces enfants motivés, enthousiastes, heureux… Par le sport, je pense que l’on peut avoir ce rayonnement régional évoqué par le président de la République. Je crois beaucoup dans le sport, qui est un vecteur extraordinaire, exceptionnel. C’est un beau clin d’œil d’être là aujourd’hui.

Le président de la République vient d’achever son séjour de quarante-huit heures en Nouvelle-Calédonie. Quel bilan faites-vous de cette visite ?

P. V. : C’était un moment très fort. Ce voyage a été beaucoup préparé avec Gérald Darmanin. Il avait promis qu’il viendrait, il a tenu ses engagements qui avaient été les siens de faire en sorte qu’il puisse y avoir les consultations électorales que vous connaissez. Et surtout, il a insisté sur deux choses qui me paraissent essentielles : il faut savoir emprunter le chemin du pardon, avec des mots forts, avec beaucoup de respect et d’humilité, mais il a dit aussi avec beaucoup d’enthousiasme comment la Nouvelle-Calédonie pouvait connaître un nouvel avenir, qui passe par plus de mouvements économiques, par plus de développement touristique mais aussi par plus d’égalité sociale. Je me retrouve parfaitement dans ces messages et mon travail au quotidien sera d’aider le Président et le ministre de l’Intérieur pour que ce qui est nécessaire devienne possible.

Comment appréhendez-vous cette nouvelle fonction ?

P. V. : Je prends cela avec beaucoup d’émotion mais aussi avec un esprit de responsabilité. J’ai eu la chance d’être élu pendant longtemps, au niveau local, au niveau régional, au niveau parlementaire. Je mesure l’honneur qui m’a été donné par le président de la République. Je ferai tout pour faire en sorte qu’il n’y ait aucun territoire oublié. On a la chance d’avoir la deuxième façade maritime mondiale, on a la chance d’avoir cette capacité de rayonnement à l’international. Ici, on a des différences, mais nos différences doivent être des richesses. Je ferai tout pour que nos différences soient nos richesses.

Que répondez-vous aux personnes qui regrettent votre nomination au ministère chargé des Outre-mer, critiquant le fait que vous n’avez aucun lien avec les territoires ultramarins ?

P. V. : Ce n’est pas tout à fait vrai. D’abord, pour des raisons familiales, je connais un peu les départements et territoires ultramarins depuis quelques années. Puis, j’ai présidé un groupe à l’Assemblée nationale dans lequel il y avait tous les députés polynésiens et calédoniens. J’ai eu le temps, pendant trois ans et demi de me plonger complètement dans leurs dossiers. Entre 2017 et 2022, j’ai également été membre de la délégation aux territoires ultramarins. Et dernière chose, et c’est peut-être la plus importante, j’arrive avec un œil neuf. Tous les territoires ultramarins méritent beaucoup d’attention, beaucoup de soutien, beaucoup d’accompagnement. Je suis persuadé, qu’ici notamment, il y a des initiatives formidables qu’il faut conforter. Je vais faire ça avec enthousiasme. Je veux parler à tout le monde. Je connais bien tous les parlementaires de ces territoires ultramarins, ils savent que ma porte est ouverte. Ici, pour mon premier déplacement, j’ai dit à chacun qu’à tout moment on parlera, qu’à tout moment on avancera. J’arrive avec la volonté de travailler avec tout le monde. On parlera et on fera en sorte que l’efficacité soit au rendez-vous.

Connaissiez-vous la Nouvelle-Calédonie avant ce premier déplacement officiel ?

P. V. : C’est mon troisième déplacement ici en Nouvelle-Calédonie et ce n’était pas que des vacances auparavant.

Propos recueillis par Claire Gaveau

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