Rencontre avec… Le général Putz

Arrivée au terme de son temps de commandement, le général Valery Putz revient sur ces deux années passées à la tête des Forces Armées de Nouvelle-Calédonie.

On peut imaginer que le commandement des Forces Armées de Nouvelle-Calédonie, est dans une carrière, un commandement particulier ?

Général Putz : C’est un commandement en tout point passionnant. Ce qui en fait sa spécificité, c’est qu’il s’agit d’un commandement interarmées. On commande un peu de l’armée de Terre, un peu de la Marine Nationale, un peu de l’Armée de l’Air et de l’Espace, un peu des services. On commande cet ensemble en ayant en plus une étroite superposition des commandements opérationnels et organiques, c’est-à-dire l’organisation et le fonctionnement de la base de défense. C’est un commandement passionnant en raison de sa forte dimension internationale. J’ai eu l’occasion de beaucoup voyager dans la région à la rencontre de mes interlocuteurs Australiens, Néo-zélandais, Papous, Tongien, Fidjien, Samoans, Vanuatais, Américains, Japonais et d’autres encore. Nous avons également reçu des contingents de ces différents pays partenaires de la France et cela nous donne une dimension exceptionnelle. Et puis il y a une autre dimension dans ce commandement propre aux FANC, c’est la dimension calédonienne. En ce qui me concerne, l’arrivée dans un moment important et particulier de l’histoire calédonienne dont on prend très vite la mesure qu’elle recouvre des enjeux majeurs pour l’avenir du Territoire, fait que l’on s’implique plus intimement dans la dimension de protection du Territoire, de sa population, des intérêts français et calédoniens, ce qui est la première de nos missions.

Vous avez été COMSUP à un moment où les FANC vont voir leurs moyens en effectifs et en matériels, augmenter. Que faut-il y voir dans cette nouvelle ampleur des FANC.

VP : Les Armées évoluent et se réforment en permanence. Depuis maintenant près de 34 ans que je suis entré dans l’Armée de Terre, je n’ai pas cessé de voir des réformes. Actuellement, comme beaucoup de ses partenaires, la France fait le constat que le monde n’est pas plus sûr et qu’il y a un effort de défense à assumer. Cela a commencé dès 2017 avec une première loi de programmation militaire que le président Emmanuel Macron a voulue comme réparatrice du modèle d’armée. Cette loi prévoyait déjà de renouveler les capacités des FANC, mais en renouvelant les matériels on leur donne d’autres capacités. Ce qu’il y a de nouveau avec la loi toute récente promulguée le 13 juillet dernier, c’est l’augmentation du format des FANC qui verra croitre l’ensemble des capacités des Forces Armées. Leurs missions resteront les mêmes, à savoir la protection du Territoire et la coopération régionale afin de renforcer la résilience de la région et de promouvoir sa stabilité.

Quel bilan tirez-vous de la capacité des FANC à assumer ces missions ?

VP : Dans la situation que nous vivons actuellement, j’estime que les FANC peuvent bien remplir leurs missions, notamment de protection. J’en veux pour preuve qu’en Nouvelle-Calédonie ou à Wallis et Futuna, la mission de surveillance et de protection de la Zone Économique Exclusive et notamment des ressources halieutiques se fait efficacement. Pour ce qui est de la coopération, on pourrait certes toujours en faire plus. Mais nous sommes déjà très présents. Par exemple, nous avons actuellement 120 militaires des armées de Terre et de l’Air en Australie pour un exercice international majeur. Il faut aussi tenir compte du fait que dans la zone de responsabilité du COMSUP, nos partenaires ne disposent pas toujours des moyens leur permettant de coopérer davantage. Donc nous avons des forces bien adaptées à leurs missions. Le fait de pouvoir se projeter plus régulièrement et plus longtemps, le fait d’intervenir plus massivement en cas de catastrophe seront indéniablement des progrès dans les années à venir et c’est ce que prévoit la loi de programmation militaire.

Vous avez fait une grande partie de votre carrière au sein de la Légion Étrangère. A-t-on toujours la Légion au cœur ?

VP : On a toujours la Légion au cœur, on a surtout les Légionnaires en mémoire. La Légion est en grande majorité composée d’étrangers qui s’engagent pour défendre la France et les Français, et ce n’est pas forcement naturel. Il y a dans ce savant mélange de près de 130 nationalités, une alchimie dont j’avais toujours rêvé, et mes 12 ans à la Légion m’ont permis d’apprécier la personnalité très riche des Légionnaires. Mais cependant, dans mes fonctions précédentes, comme celles-ci en Calédonie, j’ai aussi accédé à une autre diversité qui est celle des armées. Et c’est toujours très impressionnant de voir la conjonction des effets produits par toutes les forces. La complémentarité des moyens interarmées est une richesse que je suis très heureux de vivre dans cette fonction de COMSUP, comme dans les prochaines à l’État-Major des Armées.

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