Rencontre avec… Christophe Augias

Directeur de la bibliothèque Bernheim pendant 21 ans, Christophe Augias va devenir le nouveau directeur de la culture de la Nouvelle-Calédonie. Retour sur ces années au service de la lecture publique.

Que retiendrez-vous de votre temps de direction de la bibliothèque Bernheim ?

Christophe Augias : Ces deux décennies auront été une période pionnière pour les bibliothèques, marquées par un fort développement de la lecture publique. Membre du gouvernement en charge de la culture pendant des années, Déwé Gorodey a facilité ce développement et Bernheim a complètement joué son rôle sur tout le territoire. Je retiens donc le développement du réseau, avec toutes les collectivités dans un esprit véritablement collégial. Cette période a été ponctuée de belles aventures comme la création du SILO (ndlr : Salon International du Livre Océanien), la construction de bibliothèques à Koné et Poindimié, des projets que nous avons accompagnés comme celui de Koumac. Je retiens les auteurs, les artistes, que nous avons accueillis lors du SILO, les expositions que nous avons organisées, les bibliothèques que nous avons aidé à créer, le réseau de bibliothécaires que nous avons formés, tout ça a été une épopée, pleine de personnages parfois hauts en couleur et c’est ça que je retiens.

Où en est la lecture publique aujourd’hui ?

CA : Je crois qu’elle est bien implantée. L’établissement Bernheim est en difficulté financière c’est un secret pour personne, mais conserve cependant tout son potentiel à servir ce qu’elle sait faire de mieux, c’est-à-dire de soutenir le réseau des bibliothèques et servir les publics des trois sites de Nouméa, Poindimié et Koné. Donc, la lecture publique se porte plutôt bien, les bibliothèques du réseau sont parvenues à se bâtir une autonomie suffisante et elles fonctionnent. Elles ont besoin de Bernheim pour irriguer et animer le réseau et ne pas être isolées chacune dans sa commune. Nous avons-là un superbe outil, un peu en difficulté par manque de moyens, mais qui ne demande qu’à opérer.

La reconstruction de Bernheim pourrait-elle apporter un nouveau souffle ?

CA : Oui, elle va redonner du souffle à la dimension nouméenne, grâce à de nouveaux services et de nouveaux espaces. Mais cela va réclamer que les crédits soient de nouveau mis pour permettre le fonctionnement de l’établissement. Et là, il y a des choix à faire sur les missions de l’établissement, à savoir lesquelles doivent être financées et à quelle hauteur. C’est en équilibrant les missions que nait l’efficacité.

Forme-t-on aujourd’hui de nouveaux bibliothécaires ?

CA : Pendant longtemps, c’est Bernheim qui a opéré ces formations. Elles sont organisées lorsqu’il y a un besoin. Aujourd’hui c’est un diplôme universitaire délivré par l’université. Et une promotion est prévue pour l’an prochain. Je crois que c’est un métier d’avenir, car les bibliothèques mutent en s’occupant du numérique et de nouveaux services.

Vous allez devenir le nouveau Directeur de la culture de la Nouvelle-Calédonie, avec quelles ambitions ?

CA : C’est vrai qu’à la tête de Bernheim, j’étais plus autonome que dans un service ou une direction. Mon ambition set que cette direction soit efficace, c’est important, et qu’elle apporte quelque chose à l’ensemble culturel, les établissements publics, les deux services dont la direction a la charge à savoir les archives et le Musée de la Nouvelle-Calédonie, et de créer une dynamique nouvelle. C’est un sacré chantier car les moyens dont nous avons disposés par le passé ne reviendront pas. Nous devons donc retrouver de l’efficacité avec des moyens moindres. Cela passe par une réflexion et une vision. Je suis assez optimiste, car nous avons beaucoup de belles choses à faire. Il ne faut pas craindre le changement, il faut l’accompagner.

Vous prenez cette responsabilité à un moment où le secteur de la culture est en déshérence, comment comptez-vous faire ?

CA : Il me semble que l’on doit redimensionner, prioriser et rationaliser. A une époque, nous avions beaucoup d’argent, c’était donc facile, mais il y avait une déperdition. Nous avons de grandes maisons et on a des publics qui ont l’habitude de les fréquenter, à servir, parce qu’ils s’attendent à y trouver un certain nombre de services. Pour ce qui est du Centre Tjibaou par exemple, il est sûr que l’on ne peut pas monter une programmation si l’on n’a pas les moyens de la financer, surtout un établissement de ce type avec une exigence élevée. C’est un lieu populaire d’excellence.  Mais il faut noter quand même que le public se l’ai approprié, c’est une réalité et c’est important.

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