Rencontre avec… Christopher Gygès

Transition énergétique : la révolution calédonienne

Ce mercredi une nouvelle station de bornes de recharge électrique est inaugurée au musée maritime ; c’est l’occasion de faire le point sur la transition énergétique avec Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge du secteur.

A quand le tout électrique dans les transports ?

Christopher Gygès : Peut-être pas pour tout de suite. Cependant nous menons actuellement une réforme en profondeur des habitudes des Calédoniens en termes de mobilité. Nous le faisons en douceur, nous ne sommes pas dans une logique d’une politique punitive, mais bien plutôt d’accompagnement. Dans un premier temps, nous avons voulu verdir le mix énergétique calédonien afin que les véhicules électriques ne soient pas alimentés par du fioul ou du charbon, mais par une énergie durable. Nous avons fait le choix d’installer 130 bornes de recharge électrique, et nous allons continuer à en installer afin de couvrir l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie. Et nous avons fixé un tarif pour permettre aux Calédoniens de recharger leur véhicule avec des tarifs très compétitifs. La prochaine étape est de mettre en place un bonus en cas d’achat d’un véhicule électrique d’ici la fin de l’année. Nous nous préparons à la mise en œuvre des décisions prises par l’union Européenne d’interdire le fioul à l’horizon 2035.

Changer les comportements. Mais à votre avis, les comportements sont-ils en train de changer ?

C.G : Oui et de manière considérable. Nous avons fait de la pédagogie autour du véhicule électrique, notamment autour des capacités de ces véhicules en termes de puissance ou d’autonomie. C’est pourquoi nous avons organisé un salon avec le cluster Energy au cours duquel il a été possible d’essayer ce type de voiture. Nous avons fait une campagne de communication autour des avantages procurés par les véhicules électriques en particulier sur les coûts d’entretien qui sont quasiment nuls. Ces derniers mois, on a enregistré une forte progression d’utilisation des véhicules électriques, en dépit du tassement du nombre des ventes de véhicules neufs.

La mobilité propre est un des piliers du STENC, le Schéma de Transition Énergétique de la Nouvelle-Calédonie, dont on attend toujours la révision, le STENC 2.0. Où en est-on ?

C.G : Et bien nous l’attendons. Le texte est passé et a été adopté en séance du gouvernement en juillet de l’année dernière ! Il est depuis sur le bureau du Congrès. Lors de son examen en novembre dernier, les indépendantistes ont déposé une motion préjudicielle et depuis on attend. L’Union Européenne nous a quand même prévenu que si le STENC n’était pas adopté d’ici la fin de l’année, nous passerions à côté de 3,7 milliards de francs qui doivent pourtant profiter directement aux Calédoniens. J’ai donc pris l’initiative d’organiser une réunion des chefs de groupes au congrès ce jeudi, pour voir avec eux s’ils souhaitaient amender le texte, car un schéma n’est jamais rien de plus qu’un document d’orientation. J’espère qu’ils viendront. Si rien ne se passe, je demanderai au gouvernement de provoquer une séance du Congrès sur le sujet du STENC. Je crois que l’on doit ce retard à des postures politiciennes, malgré des réunions en commissions au cours desquelles aucune remarque n’avait été formulée quant au STENC. Ces postures ne
m’intéressent pas, ce qui m’intéresse, c’est que le schéma soit adopté.

Il s’agit d’une version neuve du Schéma de Transition Énergétique, qu’a-t-elle de plus par rapport à la première édition ?

C.G : C’est d’abord et surtout une vraie avancée dans le secteur de la métallurgie. La première édition du STENC prévoyait 100% d’énergies renouvelables dans la distribution publique à l’horizon 2030, nous y parviendrons dès l’an prochain. Mais on ne peut pas se passer du secteur de la métallurgie au risque de passer à côté de la transition énergétique. Nous avons donc mis l’accent sur ce secteur avec la volonté de passer à 70% d’énergies renouvelables dans le secteur de la métallurgie. La technologie le permettant aujourd’hui et les acteurs étant prêts à s’engager, nous en avons donc fait un objectif. Nous avons en effet signé des accords-cadres avec les opérateurs, c’est quasiment finalisé avec KNS. Il faut bien se dire que passer à 70% d’énergies renouvelables dans la métallurgie, c’est une vraie révolution, calédonienne, mais aussi mondiale ! L’autre évolution majeure, c’est donc la question du transport, avec la volonté de faire passer 50% de la flotte en véhicules propres, électriques ou hydrogènes, à l’horizon 2030. C’est-à-dire que dans sept ans, 50% des véhicules circulant dans nos rues et sur nos routes seront des véhicules propres.

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