Entre décembre et janvier, une jeune femme, gendarme de profession, a subi un harcèlement quotidien après avoir quitté son compagnon, qui n’a pas supporté la rupture. L’homme a fini au Camp-Est dans l’attente de son procès.
Il l’a inondée de messages et d’appels. Entre décembre et janvier, un homme de 30 ans a harcelé son ex-compagne après qu’elle lui a annoncé la fin de leur relation. Il n’a pas supporté la rupture et, pour tenter de la reconquérir ou de la faire peur, il l’a abreuvé de 655 appels intempestifs et de 2373 SMS insultants, malveillants, voire menaçants. En deux mois à peine. Le trentenaire, qui vit entre Poindimié et Pouembout, a saisi le tribunal correctionnel de Nouméa d’une demande de mise en liberté. Inconnu de la justice, le prévenu est incarcéré pour la première fois au Camp-Est depuis quelques semaines avant son procès qui a été audiencé le mois prochain. Les magistrats se sont donc interrogés sur les risques que pourrait faire peser une libération avant l’audience. Le procureur de la République, Richard Dutot, s’est fermement opposé à cette demande, craignant « un risque de renouvellement des faits ». Pour preuve, souligne le magistrat, « il avait recommencé les appels malveillants dès sa sortie de garde à vue ».
« La victime est épouvantée »
Penaud à la barre, le trentenaire jure avoir « pris conscience de la gravité de mes actes, de mes erreurs ». « Je m’engage à ne pas recommencer », dit-il en regardant le président. « Il a fait preuve d’une persévérance éhontée. Il s’est noyé dans ses émotions. Il avait fondé ce foyer qu’il avait idolâtré », décrit Me Alexe-Sandra Vu. L’avocate avance qu’il n’y a « aucun risque » s’il était libéré. « C’est sa première incarcération. Il a eu un choc et mesure désormais les conséquences pour son ex-compagne ». La victime, en état « d’hypervigilance » depuis les faits, aurait perdu sept kilos en quinze jours. Le procureur précise que la jeune femme, gendarme, était accusée par son ex-compagnon « de coucher avec tout le monde dans la brigade ». « La dernière fois, il a foncé sur le portail de la gendarmerie. La victime est aujourd’hui épouvantée. Nous sommes inquiets pour elle et nous nous demandons peut-être si elle ne devrait pas quitter le territoire pour être à l’abri », s’interroge Richard Dutot. Le tribunal correctionnel n’a voulu prendre aucun risque. La demande de mise en liberté a été rejetée. Le trentenaire reste en détention provisoire jusqu’à son procès. Il encourt jusqu’à trois ans d’emprisonnement
Jean-Alexis Gallien-Lamarche




