Même si Eramet s’est détaché de la SLN, les aventures du groupe français retiennent toujours l’attention. La dernière en date, c’est l’éviction de son directeur général, neuf mois seulement après sa nomination.
L’Italo-Brésilien Paulo Castellari a donc été débarqué dimanche soir à l’issue d’un très long conseil d’administration extraordinaire, convoqué pour la circonstance. Dans un communiqué, Eramet précise que « le conseil d’administration d’Eramet, réuni dimanche 1er février, a décidé de mettre un terme au mandat de son directeur général, monsieur Paulo Castellari, en raison de divergences avec ce dernier sur les modes de fonctionnement ». Communiqué auquel la présidente d’Eramet, Christel Boris apporte des précisions dans les colonnes du Figaro. « Il y a eu des divergences sur les processus de prise de décision, la façon d’informer, de se concerter, dit-elle. Et ce problème se retrouvait aussi bien dans les relations avec le conseil, que vis-à -vis du top management de l’entreprise ». Si la nomination de Paulo Castellari, le 1er non Français à occuper une telle responsabilité, avait constitué un vrai changement pour Eramet, le groupe a semble-t-il constaté en quelque sorte une « erreur de casting ». Christel Boris indique ainsi que « au début, nous avons pensé qu’il y avait un problème de calage, qui allait se régler. Puis nous nous sommes rendu compte que ça ne fonctionnait réellement pas. Et, quand on fait ce constat, il ne faut pas laisser le problème durer. Il faut le reconnaître, et effectuer un changement rapide. »
Pas de changement de stratégie
Christel Bories a été nommée directrice générale par intérim, une fonction qu’elle cumule avec ses fonctions de présidente, et ce pour quelques mois. « Cela crée une période d’incertitude, mais pas de flottement, explique Christel Bories. C’est bien pour ça que le conseil m’a demandé d’assurer la direction générale par intérim. Je connais bien Eramet, que j’ai dirigé pendant huit ans, ses parties prenantes et ses équipes ». Un flottement qui s’est manifesté dès le lendemain de l’éviction du DG à la Bourse de Paris où le titre Eramet a dévissé de 8,4%. En tous les cas, pour la n°1 du groupe, « la stratégie d’Eramet ne change pas. Le conseil avait donné comme objectif à Paulo Castellari d’améliorer la performance opérationnelle du groupe. Eramet a fait beaucoup d’investissements dans les mines ces dernières années et il faut que ces actifs donnent leur plein potentiel. Ce plan de réduction de coûts est toujours d’actualité. »
N.V




