Il fait chaud, très chaud même, et l’on se presse sur les plages, en mer et sur les îlots, profitant des derniers jours de ces grandes vacances. Le temps social lui est plus que morose, il est au frais, au froid, à la grisaille. Les infirmiers des urgences du CHT n’en peuvent plus, on manifeste ce matin devant le Congrès à l’appel de l’USOENC, les usagers d’Aircal ne veulent pas de La Tontouta, les usagers d’Enercal qui n’en peuvent plus d’être sans électricité et d’autres soucis encore qui pourraient survenir. Des mouvements d’humeur ? Sans doute davantage l’expression d’une lassitude exténuante et angoissante, face à un avenir tellement incertain. La Nouvelle-Calédonie va mal et ça n’est pas un mantra ni une antienne, mais une réalité lourde et plombante. Une réalité qui dit que l’on ne se sort pas du 13 mai, que nous ne parvenons pas à nous extirper de là où nous avons été précipités. Les Calédoniens n’en peuvent plus d’attendre un accord dûment signé mais qui tarde à être mis en œuvre, à attendre une relance économique à laquelle on veut pourtant croire encore, à un renouveau social que l’on n’espère plus. On en réciterait du Baudelaire : « L’Espoir, Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir ». *
* Spleen, « Quand le ciel bas et lourd », in « Les Fleurs du Mal », Charles Baudelaire
Nicolas Vignoles



