Tout le monde se souvient de la phrase de Maurice Thorez, patron du Parti communiste français en 1936, « il faut savoir terminer une grève ». A contrario, peut-être aussi faudrait-il savoir ne pas la commencer. Une grève générale est annoncée pour le 3 février prochain à l’appel de l’USOENC, « face à l’urgence sociale et économique du pays ». C’est l’application du droit de grève, inaliénable et légitime certes, mais qui pose question quant au timing, à la pertinence et aux conséquences. Dans l’état actuel de notre économie, de la fragilité de nos systèmes sociaux et de l’incertitude sociale, une mobilisation de ce genre peut sembler hors de propos et même contre-productive. Cela l’est d’autant que si cette mobilisation trouve son prétexte dans la situation actuelle, elle se garde bien d’en dénoncer les raisons. Or, elles sont connues ! Ce sont les destructions physiques des entreprises orchestrées par la CCAT le 13 mai 2024, entraînant pertes d’emplois, de revenus, et de fiscalité, qui sont la cause de notre appauvrissement, de nos difficultés, de nos malheurs. Cette grève générale et cette mobilisation n’apporteront ni répit ni espoir à ceux qui souffrent toujours de ce qui s’est passé, et participeront au ressentiment vis-à-vis de l’action syndicale dont on ne comprend pas toujours bien les motivations ni les prétextes.
Nicolas Vignoles



