La CPME alerte sur la fin de l’allocation de maintien dans l’emploi

« L’emploi en Nouvelle-Calédonie ne tient plus qu’à un fil. Laissera-t-on le filet de sécurité se rompre ? » Par ce message alarmiste, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) tire la sonnette d’alarme sur l’allocation exceptionnelle de maintien dans l’emploi (AEME), arrivée à échéance le 31 décembre 2025.

Dans un contexte économique toujours dégradé, la CPME rappelle sur sa page Facebook que « depuis les événements de mai 2024, le dispositif d’allocation maintien de l’emploi est le seul rempart contre un effondrement social massif ». L’organisation patronale insiste. « Pour nos TPE et PME, cette aide n’est pas un “confort”, c’est une mesure de survie que nous avions proposée en 2025 ». 

Une bouffée d’oxygène en sursis

Cette allocation exceptionnelle a pris le relais du chômage partiel spécial exactions en juillet dernier. Moins avantageuse que ce dernier – qui maintenait 50 % de la rémunération brute des salariés – cette aide a toutefois permis à plusieurs entreprises encore fragilisées de tenir le coup par la prise en charge de 100 % du salaire minimum horaire (SMG ou SMAG) de leurs salariés, dans la limite de 125 heures par mois. Les entreprises éligibles devaient justifier d’une baisse d’au moins 30 % de leur chiffre d’affaires ou de leurs commandes par rapport à la moyenne mensuelle de 2023, d’une augmentation d’au moins 20 % des créances clients irrécouvrables par rapport à la moyenne des années 2022-2023, ou d’une réduction de leur trésorerie compromettant leur capacité à honorer leurs engagements financiers courants. Une enveloppe de 4,5 milliards de francs avait été mobilisée pour financer cette mesure jusqu’au 31 décembre 2025, date à laquelle elle devait prendre fin.  

Mais alors que « des incertitudes pèsent aujourd’hui sur la pérennité de ce soutien », la CPME met en garde contre toute décision brutale. « Supprimer ou réduire brutalement cette aide maintenant, ce n’est pas seulement fragiliser nos entreprises : c’est condamner des centaines de familles et acter la fin d’un modèle d’emploi en Nouvelle-Calédonie », prévient l’organisation patronale. Le message se veut clair : « Pas d’aide au maintien à l’emploi = licenciements massifs immédiats. » Face à ce risque, la CPME appelle les élus à prendre les mesures qui s’imposent. « La CPME NC demande une visibilité claire et un engagement ferme des institutions. On ne reconstruit pas sur des ruines sociales », conclut-elle.

Béryl Ziegler

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