La bataille pour les municipales des 15 et 22 mars prochains a commencé. Les forces se mettent en place, et chaque jour maintenant, on annonce de nouvelles candidatures. Certaines sont annoncées « sans étiquette ».
On dit toujours qu’être maire, c’est assumer un mandat de proximité, et que dès lors, les campagnes électorales sont quelque peu différentes de celles des autres scrutins, qu’ils soient nationaux ou provinciaux. Ce n’est pas faux certes, mais cela permet aussi parfois d’avancer politiquement quelque peu masqué. Ainsi, en dépit de leur appartenance politique connue et affichée, certains se présentent « sans étiquette ».
Dans les petites communes, il n’est pas rare de voir des listes se présenter sous l’intitulé « entente communale », parce que ces regroupements de citoyens dépassant les clivages politiques traditionnels ne portent ni à confusion ni à conséquence. Cela ne passe pas dans les plus grosses communes ou celles qui sont quelque peu emblématiques. Sans étiquette, cela veut bien dire ce que cela veut dire, à savoir que l’on s’engage pour mener une politique qui ne sera pas issue du parti, de la formation politique ou du mouvement dans lesquels on exprime ses convictions, et auxquels on appartient. Ça peut être sincère bien sûr (ne doutons pas de tout et de tout le monde), mais cela peut aussi apparaître comme une façon de se défausser. C’est surtout ne pas être persuadé que son appartenance politique est bien un avantage électoral dans le cas présent.
« Beaucoup de personnes n’ont plus confiance dans les politiques »
Or, en Nouvelle-Calédonie où l’on se connaît bien, on connaît aussi les appartenances politiques des uns et des autres, et les électeurs se demandent bien pourquoi tel ou telle choisit de briguer leurs suffrages sans assumer son appartenance. Le « sans étiquette » est donc à manier avec précaution, a fortiori quand on en possède une, et que tout le monde le sait. L’électeur aime savoir que le bulletin qu’on lui demande de mettre dans l’urne correspond bien aux idées, aux convictions, au cheminement politique qu’il peut partager. C’est d’ailleurs parfois délicat d’expliquer à ses futurs administrés potentiels pourquoi d’un seul coup, on choisit de faire l’impasse, ou de ne pas solliciter le soutien du parti politique auquel pourtant on appartient. Même si, comme on a pu l’entendre récemment de la part d’une candidate, le choix de se présenter sans étiquette était motivé par le fait que « beaucoup de personnes n’ont plus confiance dans les politiques ». Mais en quoi le fait de ne pas afficher ses couleurs participe-t-il à redorer la confiance dans les politiques ?
Légende : Les électeurs sont appelés aux urnes le 15 mars pour le premier tour des municipales. ©Ville de Nouméa



