Certains voient dans la réélection d’Emmanuel Tjibaou à la tête de l’Union calédonienne une confirmation, un quasi-triomphe, quand d’autres soulignent qu’élire un président au petit lever du soleil du 3e jour de congrès, ça indique que tout n’a pas été ni simple ni facile. Ce qui ne change pas en revanche c’est à la fois la dialectique et l’absence de stratégie. La dialectique, c’est un discours guerrier, des positions martiales, le continuum de la lutte et du combat en dépit de ce que ça a coûté à la Nouvelle-Calédonie et aux Calédoniens, et leur coûte encore. Et puis l’absence de stratégie, un énième et sempiternel appel à « construire un projet », dans une sorte d’aveu que l’UC n’a pas de projet qui puisse obtenir, sinon une adhésion, tout du moins une étude intéressée. L’aveu aussi de la limite de Kanaky dans ce qu’elle ne doit demeurer, dans l’esprit de ses concepteurs et à leurs yeux, que le pays du peuple premier. Donc un congrès pour dire non à Bougival et à tout ce qui s’ensuit, et en particulier à ce « peuple calédonien » que les signataires, qui ont confirmé leur engagement dans l’accord Élysée-Oudinot, appellent de leurs vœux. L’UC phagocytée par la CCAT poursuit son chemin, en ignorant les mises en garde que ça n’est pas le bon. Le tout au détriment de l’intérêt général, parce que ce dernier c’est l’intérêt de toutes les communautés et de tous les Calédoniens, et, on le voit, avec ça l’UC a du mal.
Nicolas Vignoles




