L’encre des signatures était-elle à peine sèche au bas de l’accord de l’Élysée-Oudinot, que l’on entendait certains craindre la reprise des violences, et s’alarmer d’un 13 mai bis. C’est le même sentiment qui conduit un chœur de pleureuses à se lamenter que le FLNKS n’ait pas été associé aux travaux élyséens, et de réclamer sa présence avec insistance. Souvenons-nous combien ils étaient nombreux à assurer que rien ne pourrait se faire sans le FLNKS, quitte à jeter la Nouvelle-Calédonie meurtrie dans une paralysie que seul un séjour prolongé à Lourdes aurait pu guérir. L’État et les groupes politiques calédoniens, soit 75% de la représentation politique calédonienne, certes parfois à leur corps défendant, sont passés outre et ont décidé d’avancer, parce qu’il n’y a pas d’autre chemin à suivre, fût-il escarpé. Maintenant oui en effet, le FLNKS de Christian Tein qui, répétons-le n’est qu’un mauvais ersatz du Front que nous connûmes autrefois, se retrouve en rase campagne du fait de sa radicalité, de son absence de tout corpus politique comme de son rejet de l’intérêt général. Enfin dans ces périodes cruciales puisqu’historiques et engageant l’avenir, le recours à des positions claires vaut toujours mieux que les atermoiements et les peurs entretenus. « Personne ne nous oblige à être outragés. Il n’est pas besoin de recommencer à négocier. Cette attitude perpétuelle de solliciter des négociations quand nous avons la preuve de leur mauvaise foi, ne peut que nous y faire laisser des plumes », disait Charles de Gaulle*.
Nicolas Vignoles
* Charles de Gaulle à son ministre des Affaires étrangères, Georges Bidault, pour s’opposer à des discussions avec l’Angleterre au sujet de la présence française au Levant (1945)



